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Der Prix Ecosport geht an die Organisatoren der umweltfreundlichsten Sportveranstaltung der Schweiz. Gabrielle Nanchen ist Mitglied der Jury und erklärt, was Sport und nachhaltige Entwicklung miteinander zu tun haben.
Gabrielle Nanchen, en tant que spécialiste du développement durable, qu'avez-vous pensé des projets retenus dans le cadre du prix Ecosport?
Les projets montraient qu'il y avait une très forte conscience environnementale chez les organisateurs. Plusieurs ont fait un important travail de sensibilisation auprès des participants et du public. J'estime que c'est cela le plus important. Il faut profiter de l'aspect populaire du sport pour en faire un véhicule de formation. J'ai bien aimé également le fait que certains ajoutent à leur projet une dimension sociale et éthique. Je pense par exemple aux 24 heures de Mendrisio qui ont fait appel, pour la mise en œuvre de leur manifestation aux patients de l'hôpital psychiatrique dans le parc duquel elle se déroulait.
Des regrets?
Avec certains des projets soumis au concours, j'avais l'impression que la prise en compte de l'environnement ne se traduisait que par des mesures techniques, décidées au sommet, comme le tri systématique des déchets ou le transport de tout le matériel par le rail et à pied. Pour moi, il s'agit d'abord d'insuffler un certain état d'esprit, de faire en sorte que tout un chacun pense et agisse au quotidien en termes de développement durable. J'ai regretté également qu'il n'y ait pas de candidature romande, alors que beaucoup de manifestations ont lieu chez nous.
Comment améliorer ce prix Ecosport?
J'aimerais que cette distinction intègre également, dans une perspective de développement durable, les impacts économiques et socio-culturels des manifestations. La qualité de vie des habitants de la région où a lieu la manifestation est-elle touchée? Y a-t-il création d'emplois, directe ou indirecte? Est-ce que le patrimoine culturel est pris en compte? Tente-t-on de promouvoir les produits du terroir? Dans quelles conditions est confectionné le matériel nécessaire à la compétition? Etc...
Quels sont vos sports favoris?
Je suis une marcheuse, qui apprécie les marches au long cours. J'aime également faire de la natation ainsi que de l'équitation, mais toujours dans la nature. Je fais aussi du ski. J'aime le sport quand il n'est pas axé sur la compétition.
Aujourd'hui, la pratique du sport entraîne de nombreux déplacements. Comment peut-on éviter cela?
Il faut améliorer la mobilité. A Crans-Montana justement, on essaie de le faire à travers le Plan d'action environnement et santé (PAES): le sentier Mille-Pattes invite les enfants à faire des trajets à pied ; une autre action encourage l'achat de produits du terroir. En tout, 14 projets - pas mal, pour une station qui est souvent montrée du doigt - impliquent de nombreuses personnes dans la gestion du développement durable.
Mais les gens veulent-ils vraiment modifier leurs comportements?
Quand on met régulièrement plus d'une heure de voiture pour traverser une ville ou une station, on se met à réfléchir. Une situation intenable pousse les gens à changer de comportement. Mais le développement durable est un long chemin. Dans cette perspective, il faut encourager le tourisme doux, qui permet à la population locale de vivre mieux sans porter atteinte à son patrimoine.
Vous avez participé au projet olympique de Sion 2006. Quels avantages le développement durable peut-il retirer d'une telle manifestation sportive?
La candidature du Valais pour les Jeux Olympiques de 2006 est intervenue à une époque de morosité économique. Elle a donné un formidable élan au canton, et à l'époque je me suis dit que si nous devions organiser un tel événement, autant bien le faire et en profiter pour sensibiliser la population à la notion de développement durable, comprise dans toutes ses dimensions: économique, environnementale, sociale, culturelle et politique.
La candidature a-t-elle permis au développement durable de progresser?
Tout d'abord a bénéficié d'une couverture médiatique importante, ce qui a donné à notre démarche une visibilité certaine. Ensuite, je disposais, en temps que membre de la direction du comité de candidature, d'un budget relativement important. Et, pour faire avancer des idées, il faut de l'argent. Plusieurs projets importants et novateurs, entre autres dans le domaine de l'énergie ou du tourisme doux, ont pu être lancés ou se faire connaître grâce à nous.
Aujourd'hui, que reste-t-il de cet élan?
Même si la candidature a échoué, la Fondation pour le développement durable des régions de montagne, créée avant la décision du Comité international olympique de ne pas attribuer les Jeux à Sion, poursuit son action. Entre autres activités, elle organise chaque année des Etats généraux du développement durable qui attirent un public nombreux.
Une dernière question en forme de clin d'œil: est-ce que Sion 2006 aurait pu gagner le prix Ecosport?
On ne le saura jamais puisque c'est à Turin qu'auront lieu les JO 2006. Au niveau de la candidature, en tout cas, on a fait ce qu'il fallait pour y arriver.
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