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Entre 1980 et 2000, le nombre de ménages privés a augmenté plus fortement que la population résidante. Il a ainsi atteint 3,12 millions, soit progressé de 27 %, alors que la population s'est accrue de 14 % dans le même laps de temps. Dans toute la Suisse, la taille moyenne des ménages continue de diminuer.
Entre 1994 et 2007, la population a augmenté de 12 %. Dans le même temps, le produit intérieur brut (PIB) s'est élevé de 27 %. Les dépenses pour la consommation ont, quant à elles, progressé de près de 26% et atteignaient les 280 milliards de francs suisses en 2007.
La croissance démographique et économique a pour conséquence une hausse de la quantité de déchets, de par l'augmentation de la production de biens et de la consommation et une activité accrue du secteur de la construction. Cela concerne les déchets urbains et de construction, mais également les déchets spéciaux et ceux de l'industrie et de l'artisanat. En outre, la quantité de boues d'épuration incinérées en usine d'incinération (UIOM) progresse également.
En 2007, la Suisse a produit quelque 5,5 millions de tonnes de déchets urbains, contre un tiers de moins en 1984 avec 3,3 millions de tonnes. Cela correspond à 720kg par habitant.
Aujourd'hui, la part des collectes sélectives dans le volume total des déchets représente 51 % de l'ensemble des déchets urbains ou 2,8 millions de tonnes, contre 22 % ou 0,75 million de tonnes en 1984. Le verre, les canettes en aluminium, les bouteilles en PET, leu papier, les déchets verts ainsi que les appareils électriques et électroniques usagés, en particulier, obtiennent de hauts taux de collecte. C'est essentiellement grâce à cette progression des collectes sélectives que le volume des déchets à incinérer a pu se stabiliser à 2,6 millions de tonnes par an malgré l'augmentation de la population, et que le poids des déchets éliminés a reculé de 440 à 350 kg par personne. Ce résultat est probablement dû, en partie du moins, au financement de l'élimination des ordures par la taxe au sac.
Plus de 3 millions de tonnes de déchets combustibles sont éliminés chaque année en UIOM, dont quelque 2,6 millions de tonnes sont des déchets urbains. La composition des ordures ménagères mélangées ramassées par la voirie diffère d'une an à l'autre. En comparaison avec le début des années 1990, la quantité de déchets par habitant a baissé. La part du papier et du carton dans les ordures ménagères a nettement reculé, tout comme celle des produits naturels organiques tels que le bois et le cuir. Par contre, la proportion de déchets de cuisine et de jardin ainsi que de restes de repas a augmenté, tout comme celle des matériaux composites (appareils et produits).
Ces chiffres reflètent le succès de la collecte sélective, d'une part, et, de l'autre, l'évolution des habitudes de consommation, notamment le remplacement des objets en bois, cuir ou métal par des produits en matériaux composites, non séparables et contenant en général du plastique.
Un besoin accru de moyens financiers et en personnel pour l'élimination des déchets résulte de la quantité toujours plus grande d'emballages de nourriture et de boissons jetés ou abandonnés de façon sauvage dans les espaces publics (phénomène aussi appelé littering).
Outre les déchets urbains, environ 1,2 million de tonnes de déchets spéciaux sont produits chaque année. Ils doivent être éliminés de manière appropriée en Suisse, ou, peuvent être exportés en vue d'une élimination respectueuse de l'environnement, pour autant qu'ils respectent des prescriptions strictes.
L'incinération des déchets est source de polluants atmosphériques. Par rapport aux années 1980, les fumées sont aujourd'hui soumises à plusieurs étapes de purification et de dénitrification: seules de faibles quantités de polluants sont encore dispersées par ce biais dans l'environnement. Par rapport aux émissions provenant du trafic, des installations de chauffage et des chaufferies industrielles, la contribution des UIOM à la pollution de l'environnement est désormais négligeable.
Depuis 1984, la politique de la Confédération en matière de déchets a contribué à une nette réduction de la pression environnementale, malgré la progression constante de la quantité de déchets urbains, laquelle a suivi la croissance démographique et conjoncturelle. Les mesures visant à réduire la quantité de déchets et la charge en polluants peuvent être prises à divers stades de la vie d'un produit: production, consommation ou élimination, par exemple au moment de l'incinération en UIOM.
Ainsi, les normes concernant les décharges ont été renforcées et une interdiction de mise en décharge pour les déchets urbains non traités a été introduite en 2000. Parallèlement, la capacité des UIOM a été augmentée afin de correspondre à la demande. Le recul des quantités de déchets urbains mélangés s'explique aussi par l'amélioration des collectes sélectives, l'obligation de reprise et de valorisation pour différents produits, l'amélioration de la valorisation des déchets urbains et enfin, par l'introduction du principe de causalité pour le financement de l'élimination des déchets (notamment la taxe au sac). En 2002, environ 70 % de la population suisse a financé tout ou partie de l'élimination de ses déchets par des taxes proportionnelles aux quantités et 27 % par les impôts ou une taxe de base.
La pression environnementale imputable à l'incinération des déchets a été considérablement allégée par l'optimisation des processus de combustion et d'épuration des fumées.
La sensibilisation de la population permet aussi de diminuer la quantité de déchets et d'améliorer les collectes sélectives. Les mesures possibles sont, par exemple:
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