En balade: À travers la forêt incendiée

Texte: Beat Jordi 

Oberwallis
Vue sur le hameau de Wiler, dans la commune de Guttet-Feschel (Haut-Valais), et la profonde entaille des gorges du Feschelbach.
© Beat Jordi

De la gare de Loèche, dans la plaine du Rhône en Valais, jusqu’au village montagnard d’Albinen, le trajet en bus dure 25 minutes. Sur un dénivelé de 650 mè-tres, la route sinueuse traverse plusieurs fois la vaste zone forestière incendiée en 2003, que nous sillonnerons plus tard lors de notre randonnée hivernale à destination de Guttet-Feschel. Auparavant, nous prendrons le temps de visiter Albinen et ses mazots en mélèze noirci par le soleil, accrochés à la pente dominant les gorges de la Dala. Au centre du village se dresse l’église moderne, blanchie à la chaux, avec son toit de tôle voûté et son imposant clocher : elle a été bâtie suite de la destruction de l’ancien édifice lors du séisme de 1946. Cette localité authentique – dont certaines maisons remontent au XVIIe siècle – figure à l’Inventaire fédéral des sites construits à protéger en Suisse (ISOS). De bonnes chaussures d’hiver suffisent pour emprunter le sentier qui quitte le haut du village en direction de l’est, puisqu’il est damé jusqu’à Feschel. La passage entre la forêt de résineux enneigée et l’espace dégagé où se dressent encore les squelettes de milliers d’arbres calcinés a quelque chose d’irréel. À la mi-août 2003, vers la fin d’une canicule mémorable, plus de 300 hectares de forêt protectrice sont partis en fumée en amont de Loèche-Ville. Treize ans plus tard, de petits spécimens d’espèces pionnières tels que saules, bouleaux et peupliers ont reconquis le versant. Mais c’est surtout à plus haute altitude, là où de jeunes mélèzes et épicéas sortent de terre, à la périphérie de la zone touchée par le feu, que les résineux évinceront à nouveau les feuillus dans quelques décennies. Les cicatrices gravées dans le paysage persisteront toutefois pendant des générations. Comme le révèlent les nombreuses traces visibles dans la neige, la faune n’a guère tardé à réinvestir l’espace après l’incendie. Il ne faut pas non plus oublier de lever les yeux vers le ciel : avec un peu de chance, il est possible d’apercevoir un aigle royal ou un gypaète barbu. Une fois arrivés à Feschel (qui figure aussi à l’ISOS), ceux qui souhaitent profiter encore de la vue grandiose sur la vallée du Rhône pourront suivre la route peu fréquentée menant à Erschmatt et jeter un coup d’œil aux profondes gorges que le Feschelbach a creusées dans le calcaire.

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Dernière modification 08.05.2018

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