Réduction des émissions: Tous les pays devront s’y mettre

Les efforts déployés au plan international pour maintenir le réchauffement climatique en dessous de deux degrés restent nettement insuffisants, malgré les progrès de ces dernières années. La Conférence de Paris, à la fin 2015, constituera dès lors une étape cruciale pour le climat mondial.

Texte: Franz Perrez, OFEV

En 1992, la Convention-cadre de l’ONU sur les changements climatiques exigeait en termes généraux une limitation des émissions de gaz à effet de serre. En 1997 s’y est ajouté le Protocole de Kyoto, qui prévoyait des réductions contraignantes pour les pays industrialisés entre 2008 et 2012. Les objectifs de la première période ont été atteints; la Suisse a rempli ses engagements elle aussi.

De plus en plus de gros émetteurs dans le Sud

Jusqu’en 2012, seules les nations industrialisées ayant ratifié le Protocole de Kyoto étaient tenues de réduire leurs émissions. Or elles causent aujourd’hui moins de 15 % des rejets à l’échelle mondiale. Elles ne pourront résoudre le problème du climat à elles seules: en effet, une part croissante des gaz à effet de serre provient des pays en développement. Cinq d’entre eux figurent sur la liste des dix principaux émetteurs dans le monde, la Chine arrivant de loin en tête. Bientôt, en tenant compte de tous les rejets effectués par le passé, ces Etats auront produit davantage de gaz à effet de serre que les pays industrialisés. C’est une réalité qu’un futur accord sur le climat ne peut ignorer.

C’est pourquoi, lors de la Conférence de Cancún en 2010, l’ensemble de la communauté internationale a été invitée à réduire de plein gré ses émissions entre 2013 et 2020. Outre les Etats industrialisés, de nombreux pays en développement ont annoncé prendre de tels engagements. Résultat: l’accord englobe aujourd’hui 80 % du régime climatique mondial. En outre, il a été décidé à Cancún que les pays en développement bénéficieraient d’un financement de départ de 30 milliards de dollars pour atteindre les objectifs de réduction. Et dès 2020, les pays riches devront verser 100 milliards de dollars par an à titre de fonds de soutien. La mise en œuvre de ces engagements volontaires sera contrôlée.

Ces mesures facultatives ont été suivies d’une deuxième période du Protocole de Kyoto, décidée lors de la conférence sur le climat de Durban en 2011. Elle impose aux pays industrialisés de nouvelles réductions contraignantes. En Suisse, d’ici 2020, les émissions devront baisser de 20 % par rapport à 1990. Enfin, il a été convenu de négocier d’ici 2015 au plus tard un accord sur le climat portant sur la période après 2020. Applicable à tous les pays, il devra être adopté à Paris fin 2015.

Les enjeux du Protocole de Paris

Les principales difficultés auxquelles se heurteront les négociations du Protocole de Paris concernent sa forme juridique, la différenciation entre les pays, ainsi que les questions de financement. Plusieurs pays en développement, notamment certains grands émetteurs de CO2 ou producteurs de gaz et de pétrole, s’opposent encore à un accord prescrivant des réductions pour tous.

De concert avec un ensemble progressiste de nations industrialisées et de pays en développement - dont des pays très pauvres et de petits Etats insulaires -, la Suisse plaide en faveur d’un accord dynamique. Il faut obliger chacun à réduire ses émissions et cesser de séparer systématiquement le Nord et le Sud. La distinction doit s’établir en fonction des émissions et de la puissance économique. Les Etats qui, à l’instar de certains « pays en développement » prospères comme Singapour, la Corée ou l’Arabie saoudite, sont capables de soutenir financièrement ceux qui en ont besoin doivent être tenus de le faire.

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Dernière modification 26.11.2014

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