Entretenir cet héritage qui nous protège

Editorial de Doris Leuthard, conseillère fédérale, cheffe du Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC)

Les infrastructures environnementales sont du ressort de la conseillère fédérale Doris Leuthard.
© Keystone, Gaetan Bally

Inondations à Bangkok, glissements de terrain en Colombie, laves torrentielles en Suisse (probablement dues au réchauffement), eaux polluées dans les grandes villes de Chine, montagnes de déchets en Inde, surexploitation minière au Canada: les ressources naturelles sont victimes de l'incurie et de l'indifférence humaines, le sol est gaspillé et détruit. Or l'homme en souffre. En Suisse aussi, nous avons fait de telles expériences, après la Deuxième Guerre mondiale, lorsque nos lacs étouffaient et que les déchets s'amoncelaient à la lisière de nos forêts.

Nous en avons tiré des leçons. Des mesures comme l'interdiction des baignades dans les lacs et rivières durant les années 1960 et 1970 ne sont pas restées sans effet. En quelques décennies, grâce aux lois promulguées pour protéger la nature, le paysage, l'environnement et les eaux, des normes sévères ont été développées et les atteintes ont pu être corrigées. Surtout, les mentalités ont évolué. Nous avons fait profiter la nature de notre argent et de nos connaissances. Nous avons construit des usines d'incinération, des stations d'épuration et des installations de recyclage. Nos infrastructures environnementales - qui englobent aussi les ouvrages contre les dangers naturels ou les murs antibruit - valent maintenant quelque 320 milliards de francs, selon une étude demandée par l'OFEV. Ces investissements réalisés par nos parents et nos grands-parents ont porté des fruits dont le prix est inestimable: ils protègent nos milieux de vie et nous rassurent tout en offrant de l'espace au développement de notre société.

Nous n'avons pas fini d'apprendre. Pour que les générations à venir profitent aussi d'un environnement sauvegardé, il faut aménager le territoire avec soin et continuer d'investir. Nous souhaitons aussi mettre notre technologie et notre savoir-faire à la disposition des pays confrontés maintenant aux problèmes que nous avons rencontrés par le passé. Les conséquences des dommages écologiques, notamment dans le domaine de l'eau et du climat, ne connaissent pas de frontière. Il est dans notre intérêt d'étendre les infrastructures environnementales - par exemple pour l'approvisionnement en eau potable tirée du lac de Constance - afin de garantir la sécurité de l'homme et de la nature dans une optique internationale.

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Dernière modification 22.05.2012

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