Installations touristiques: Un guide pour limiter les dégâts

12.02.2013 - La construction d’installations de transport touristiques entraîne des atteintes au paysage, aux sols, aux eaux et aux habitats de la faune et de la flore alpines. Grâce à une nouvelle publication de l’OFEV, actuellement enpréparation, ces ressources naturelles pourront être ménagées au mieux.

Voici près d’un siècle et demi que les montagnes suisses attirent les touristes, venus parfois de loin. Très vite, des hôtels ont été construits pour les accueillir et les premières remontées mécaniques ont fait leur apparition il y a une centaine d’années. Dans les Alpes, téléskis, télésièges et téléphériques font aujourd’hui partie du décor, de même que les pistes de ski, les canons à neige, les bassins artificiels, les sentiers d’escalade et les pistes de luge d’été.

Toutes ces installations et l’utilisation intensive de la nature qui les accompagne ont des effets considérables sur l’aspect du paysage et peuvent porter atteinte aux milieux naturels, à la faune sauvage, aux forêts, aux eaux et aux sols.

L’un des quelque 50 projets réalisés depuis 2009: le téléski de Seebenalp – Stelli, à Flumserberg (SG), a été remplacé par un télésiège.
L’un des quelque 50 projets réalisés depuis 2009: le téléski de Seebenalp – Stelli, à Flumserberg (SG), a été remplacé par un télésiège.
© Bergbahnen Flumserberg AG

Les revers de la neige artificielleLa création de bassins destinés à stocker l’eau pour fabriquer de la neige artificielle implique des modifications de terrain de grande envergure accompagnées d’importants déplacements de matériaux terreux, ainsi que la mise en place de canalisations pour l’alimentation en eau et en électricité des canons à neige.La reconstitution des sols et de la végétation après de telles interventions est particulièrement difficile en altitude, en raison de la rigueur du climat et de la brièveté de la période de végétation. La dégradation de la structure du sol et l’absence de couverture végétale peuvent vite déstabiliser les versants, dont la consolidation est généralement très onéreuse.Plus d’une douzaine de projets par anDepuis 2009, l’OFEV a évalué plus de 50 rapports d’impact sur l’environnement (RIE) concernant des remontées mécaniques: remplacement de téléskis et d’autres installations anciennes, mise en valeur de nouveaux domaines skiables, création de pistes exigeant souvent des défrichements, des nivellements, des passages par-dessus les cours d’eau et des paravalanches.Pour protéger au mieux la nature, l’OFEV a commandé, en collaboration avec les offices fédéraux des transports (OFT) et du développement territorial (ARE), l’aide à l’exécution Environnement et aménagement du territoire dans les projets de remontées mécaniques. Des représentants d’autres offices fédéraux, des cantons, des associations écologiques et de Remontées Mécaniques Suisses y ont également apporté leurs connaissances et leur expérience. Destiné aux entreprises concernées et aux concepteurs de projets, ainsi qu’aux services spécialisés des communes, des cantons et de la Confédération, ce document remplacera les directives Modifications du paysage en faveur de la pratique du ski, qui dataient de 1991.

Le ski laisse des traces dans le paysage: la piste du Gemsstock, près d’Andermatt (UR), en été.
Le ski laisse des traces dans le paysage: la piste du Gemsstock, près d’Andermatt (UR), en été.
© Alain Stuber/Hintermann & Weber

Des pistes pour mieux faireUne vue d’ensemble des zones touristiques est indispensable pour assurer une planification efficace des infrastructures destinées au sport et au tourisme tout en protégeant les ressources naturelles. Les instruments d’aménagement du territoire permettent de coordonner à grande échelle les différentes utilisations et activités ainsi que les intérêts à protéger. Si les dispositions du plan directeur et du plan d’affectation ne sont pas suffisantes, ceux-ci doivent être adaptés pour les nouveaux projets.Cette adaptation et la coordination des formalités fédérales avec les demandes cantonales et communales d’autorisation de construire sont très exigeantes, au niveau du contenu comme des délais. Ces dernières années, de nombreux projets ont été retardés en raison de lacunes dans ce domaine. La nouvelle publication commence donc par indiquer comment coordonner l’approbation des plans des remontées mécaniques et les procédures d’aménagement du territoire et comment harmoniser les démarches aux échelons fédéral et cantonal.Pour aider les requérants à s’y retrouver parmi les bases légales, l’aide à l’exécution reprend les principales dispositions non techniques de la loi et de l’ordonnance sur les installations à câbles ainsi que les objectifs essentiels du développement territorial. En outre, les exigences de la législation environnementale sont présentées par domaine - nature et paysage, eaux, bruit, etc. -, avec un bref résumé du droit en vigueur et l’interprétation de la jurisprudence du Tribunal fédéral.Districts francs et zones de tranquillitéAinsi, il est indiqué clairement que la pratique du ski et du snowboard en dehors des pistes et itinéraires balisés est interdite dans les districts francs fédéraux et que les zones de tranquillité pour la faune doivent être préservées des dérangements.La publication décrit ensuite, pour tous les types d’activités en montagne, les effets potentiels des ouvrages, installations et utilisations sur l’environnement, ainsi que les aspects juridiques qui doivent être examinés à ce propos dans le cadre de la procédure d’autorisation de construire. Elle propose par ailleurs des mesures visant à éviter ou du moins à limiter les atteintes.Réparer et reconstituerUn chapitre bien illustré est consacré aux caractéristiques des milieux naturels dignes de protection ainsi qu’aux mesures de conservation, de reconstitution et de remplacement qui permettent de les ménager.Sont également présentées les principales règles pour l’utilisation des sols, leur remise en culture et leur végétalisation: la solution la plus efficace consiste à prélever soigneusement les mottes avec les matériaux terreux avant les travaux, à les stocker de manière à préserver la végétation et à les remettre en place ensuite.Toutefois, même si les sols sont traités avec le plus grand soin, il reste toujours des surfaces qui doivent être ensemencées après les travaux. On aura alors de préférence recours au mulch de foin ou à la fleur de foin des environs. Si ce n’est pas possible, un semis de la région et de même altitude permettra de limiter les altérations de la flore et de pérenniser la végétalisation.Les spécialistes sur le terrainPour assurer la prise en compte de l’environnement dans la conception des remontées mécaniques et des autres installations nécessaires au tourisme hivernal et estival, il est essentiel de collaborer d’emblée avec des spécialistes familiers des spécificités locales, qui pourront aussi suivre les phases délicates de la construction et apporter des solutions pratiques sur le chantier.Elisabeth Suter, OFEV

Informations complémentaires

Contact
Dernière modification 12.02.2013

Début de la page

https://www.bafu.admin.ch/content/bafu/fr/home/themes/paysage/dossiers/installations-touristiques.html