Grands projets: Les assainissements les plus chers

25.11.2015 - L’assainissement de la décharge pour déchets spéciaux de Kölliken (AG) n’est pas le seul à poser un défi technique et financier considérable. En Suisse, cinq autres gros projets engendrent des coûts supérieurs à 100 millions de francs.

Photographie aérienne de la décharge de Feldreben à Muttenz (BL). Le site est en partie construit.
© Hochbauamt Baselland

Texte: Kaspar Meuli

La décharge de Feldreben à Muttenz (BL) a accueilli des déchets urbains et de petites quantités de produits chimiques. Après sa fermeture en 1967, le terrain de 48‘000 m carrés a été bâti. Des analyses approfondies menées depuis 2001 ont montré que le site doit être assaini. Le projet prévoit le traitement de l’eau souterraine pour éliminer les polluants qui se sont accumulés dans la roche. En outre, le corps de la décharge devrait être partiellement excavé pour évacuer les matériaux les plus pollués. Le coût total de l’opération est devisé à 176 millions de francs (±30 %).

A la décharge de Bonfol (JU), les déchets sont excavés à l’intérieur d’une halle.
© bci-Betriebs AG

Bonfol (JU)

Entre 1961 et 1975, l’industrie chimique bâloise a entreposé 114‘000 t de déchets hautement toxiques dans la décharge industrielle de Bonfol (JU). A cela s’ajoutent des quantités plus modestes provenant du canton de Berne et de l’armée. En 1981, de l’eau s’infiltre dans la fosse, entraînant le lessivage de polluants. En janvier 2000, le gouvernement du canton du Jura demande aux entreprises chimiques bâloises d’entreprendre un assainissement intégral de la décharge. Après examen de différentes variantes, il est décidé de procéder à l’excavation des déchets avec des pelles mécaniques télécommandées dans une halle équipée de filtres à air, puis de les éliminer à l’étranger dans des usines d’incinération de déchets spéciaux. Le sol pollué subit un traitement thermique. Les lixiviats sont évacués vers la station d’épuration industrielle présente sur place. Les travaux ont débuté en 2010 et devraient s’achever en 2017 avec le démontage de la volumineuse infrastructure. L’assainissement devrait revenir à environ 400 millions de francs.

Photographie aérienne du site de La Pila, situé dans un méandre de la Sarine, près de Hauterive (FR)
© Jean-Claude Balmer

La Pila (FR)

Entre 1952 et 1973, des déchets de la ville de Fribourg et de ses environs ont été mis en décharge à La Pila, à Hauterive (FR). Il s’agissait surtout de déchets urbains et de déchets de chantier, mais une partie provenait aussi de l’artisanat et de l’industrie. En 2007, des analyses effectuées dans l’ancienne décharge ont révélé des concentrations élevées de biphényles polychlorés (PCB). Ces composés nocifs ont également pollué la Sarine toute proche, où la pêche a dû être interdite dans certains secteurs. Des mesures urgentes (excavation, construction d’une paroi de palplanches le long de la Sarine notamment) ont permis de diminuer provisoirement le déversement de polluants. Un projet d’assainissement proposé en 2010 prévoit l’excavation intégrale des 270‘000 m cubes de déchets. Les coûts sont estimés à 250 millions de francs. Le Grand Conseil du canton de Fribourg et l’OFEV ont demandé l’examen d’autres possibilités de décontamination totale. Les investigations complémentaires pour cette étude de variantes sont en préparation.

Matériau d’excavation prêt à être transporté, décharge du Pont Rouge à Monthey (VS)
© CIMO SA

Le Pont Rouge (VS)

Entre 1957 et 1979, l’industrie chimique a exploité la décharge industrielle du Pont Rouge à Monthey, dans le Bas-Valais. Quelque 70‘000 m cubes de déchets, constitués notamment de résidus de la production chimique, de gravats et de scories d’incinération, y ont été entreposés puis recouverts de terre. Entre-temps, il a été constaté que la décharge présentait un danger considérable, notamment pour la nappe phréatique. Le site étant une importante source de pollution par des composés organiques volatils (COV), les autorités ont décidé de l’assainir d’urgence. Tous les déchets ont été excavés dans une halle hermétique et éliminés dans des fours spéciaux. Ces travaux ont été achevés au printemps 2015. Le sous-sol contaminé par les COV doit encore être traité thermiquement sur place. Selon une modélisation, la pollution résiduelle ne présentera plus de menace pour l’environnement. Les coûts de cet assainissement - entre 100 et 120 millions de francs - sont entièrement assumés par les entreprises BASF et Syngenta.

Des échantillons de sol sont prélevés sur l’ancienne décharge de Soleure.
© site Internet wasserstadtsolothurn.ch

Stadtmist (SO)

Jusqu’en 1976, toutes les ordures de Soleure ont été acheminées dans la décharge municipale, appelée « Stadtmist ». Les trois fosses adjacentes situées à l’ouest de la ville ont ensuite été rebouchées. Outre des déchets urbains, des substances problématiques comme des solvants y ont aussi été stockées. En 2011, une étude conclut qu’un assainissement est indispensable. La nappe phréatique et deux ruisseaux débouchant dans l’Aar présentent des concentrations parfois très élevées d’ammonium et de chlorure de vinyle ainsi que d’autres polluants. Selon une étude de variantes achevée début 2015, les travaux coûteraient entre 65 et 295 millions de francs et dureraient de 2 à 10 ans. Les coûts seraient pris en charge par la ville, le canton ainsi que la Confédération par le biais du fonds OTAS.

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Dernière modification 25.11.2015

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