Publié le 23 septembre 2026
Été 2026 : la sécheresse et ses conséquences
Ce dossier rassemble les questions et réponses les plus fréquentes concernant la sécheresse de l’été 2026, ses conséquences et la manière d’y faire face. Comme la situation peut évoluer en permanence et différer d’une région à l’autre, des informations actualisées sont disponibles sur la Plateforme nationale sur la sécheresse ainsi qu’auprès des cantons et des communes compétents.

L’essentiel en bref
La fin d’une période de chaleur ne signifie pas la fin de la sécheresse et de ses conséquences. Les petits cours d’eau peuvent certes réagir rapidement aux précipitations. Les couches profondes du sol, les eaux souterraines et les sources ont toutefois besoin de beaucoup plus de temps pour se reconstituer. Pour que la situation s’améliore durablement, des précipitations prolongées et étendues sont nécessaires ; le semestre d’hiver joue notamment un rôle central dans la recharge des eaux souterraines.
La situation peut varier fortement d’une région à l’autre. Les mesures ordonnées en fonction de la situation – par exemple des restrictions concernant les prélèvements d’eau ou des interdictions de faire du feu – restent obligatoires tant qu’elles sont maintenues par les autorités cantonales ou communales compétentes. Les recommandations correspondantes restent également pertinentes tant que la sécheresse et ses conséquences persistent. Des informations actualisées sur la sécheresse et le danger d’incendie de forêt sont disponibles sur la Plateforme nationale sur la sécheresse, sur waldbrandgefahr.ch ainsi qu’auprès des cantons et des communes compétents.
Situation et évolution
Depuis le printemps 2026, la Suisse – en particulier le Plateau – connaît une situation de sécheresse marquée, due au fait que les précipitations ont été nettement inférieures à la moyenne pluriannuelle et que les températures ont fréquemment dépassé les valeurs habituelles pour la saison.
Cette situation a notamment pour effet que les sols sont secs et que les niveaux des eaux de surface et des eaux souterraines sont bas. Les services spécialisés suivent son évolution en continu.
L’intensité de la sécheresse peut varier d’une région à l’autre. Les canaux officiels d’alerte et d’information de la Confédération fournissent une vue nationale de la situation actuelle et de son évolution. Les services cantonaux spécialisés et les communes publient des informations complémentaires sur la situation locale.
Le bulletin de sécheresse de la Confédération est mis à jour tous les jeudis après-midi.
Des informations sur l’approvisionnement en eau (potable) sont disponibles sous → Eaux et approvisionnement en eau.
L’évolution de la sécheresse dépend avant tout des précipitations et des températures au cours des prochaines semaines. La situation actuelle ainsi que les prévisions concernant son évolution sont publiées et actualisées en continu dans le Bulletin sécheresse de la Plateforme nationale sécheresse de la Confédération.
Le portail waldbrandgefahr.ch de l’OFEV propose une carte actualisée des dangers d’incendie de forêt sur tout le territoire, avec des informations sur les interdictions cantonales de feu en forêt et des remarques sur la situation. Les instructions des autorités locales doivent impérativement être suivies.
La chaleur et la sécheresse peuvent être liées, mais elles ne sont pas synonymes. La baisse des températures réduit l’évaporation et soulage les êtres humains et les écosystèmes. Elle ne compense toutefois pas un déficit de précipitations et d’eau qui s’est accumulé sur une période prolongée.
Les petits cours d’eau et les couches supérieures du sol peuvent réagir rapidement aux précipitations. Les couches profondes du sol, les eaux souterraines et les sources se reconstituent beaucoup plus lentement. Des précipitations de courte durée ou locales peuvent donc améliorer temporairement la situation, mais une amélioration durable nécessite des précipitations prolongées et étendues. Le semestre d’hiver est particulièrement important pour la recharge des eaux souterraines.

Eaux et approvisionnement en eau
Dans le nord des Alpes, la majorité des cours d’eau connaissent une situation d’étiage. En août environ un tiers des stations de mesure ont enregistré des débits qui correspondent à des situations d’étiage qui ne se produisent que tous les 30 ans, voire plus rarement encore.
Dans le sud des Alpes, la situation d’étiage était moins marquée. Mais là aussi, environ la moitié des stations ont enregistré des débits avec une période de retour de 2 à 10 ans, voire plus rarement encore. Seules quelques valeurs d’étiage ont été mesurées dans les bassins versants alpins, en raison de la fonte des glaciers et des précipitations occasionnelles.
Les niveaux d'eau de nombreux lacs sont également exceptionnellement bas. Alors que de nombreux lacs présentent des niveaux inférieurs à la moyenne saisonnière, ceux des lacs de Constance, de Walenstadt, de Zurich ainsi que le lac de Zoug, mais aussi de certains lacs plus petits comme les lacs de Sempach et de Baldegg présentaient fin août des niveaux extrêmement bas pour la saison. Le niveau du lac Majeur était également très bas à la mi-août. Depuis, la situation d’étiage au sud des Alpes s'est toutefois améliorée grâce à d'importantes précipitations.
Selon les régions, les niveaux des eaux souterraines et les débits des sources sont bas, voire extrêmement bas.
Les précipitations et les orages sporadiques de ces dernières semaines n’ont pas entraîné d’amélioration durable de la situation au nord des Alpes. Le déficit d’écoulement reste modéré, voire extrême, dans de nombreuses régions de Suisse, à l’exception de celles dont les débits sont fortement influencés par la fonte des glaciers.
Étiage en été 2026 – Débits des cours d’eau et niveaux des lacs suisses:
Une comparaison des données de mesure de 2026 avec celles d'années de sécheresse antérieures se trouve ci-dessous. → Comparaison et classement → La Suisse a-t-elle connu des périodes de sécheresse similaires par le passé ?
Les mesures actuelles et leurs classements sont disponibles sous :
La quantité d’eau transportée par les cours d’eau dépend de nombreux facteurs, parmi lesquels les précipitations, la fonte des neiges, les apports d’eaux souterraines et l’évapotranspiration. Lorsque les précipitations font défaut sur une période prolongée et que les températures augmentent, les quantités d’eau qui atteignent les cours d’eau s’en trouvent réduites. Parallèlement, l’évaporation au niveau des sols, de la végétation et des eaux s’intensifie, de sorte que les niveaux et les débits diminuent en maint endroit. La situation actuelle s’explique par le manque de précipitations observé depuis le printemps et par un hiver pauvre en neige et, par conséquent, un déficit d’eau de fonte.
Depuis des mois, les températures de nombreux lacs et cours d’eau sont supérieures aux valeurs habituelles pour la saison. De nouveaux maxima avaient déjà été enregistrés à de nombreuses stations de l’OFEV pour le mois de mai. Les températures de l’Aar à Berne et de la Reuss à Lucerne, par exemple, ont dépassé 20 °C à la fin mai, ce qui est inédit.
De juin à août, les températures de nombreux cours d’eau, y compris de grands cours d’eau,ont atteint de nouveaux maxima. Plus de la moitié des stations ont même enregistré de nouveaux maxima absolus sur l’ensemble de la période de mesure (cf. tableau).
Températures des cours d’eau suisses en été 2026:
Vous trouverez ci-dessous une comparaison des données de mesure de 2026 avec celles d'années de sécheresse antérieures : → Comparaison et classement → La Suisse a-t-elle connu des périodes de sécheresse similaires par le passé ?
Actuellement, les températures de nombreux cours d’eau se situent restent supérieures à la moyenne pour la saison. Au cours de l'année, c'est généralement en juillet ou en août que l'on observe les températures les plus élevées.
Les niveaux d'eau très bas et les faibles débits posent également des défis particuliers pour les mesures. En période d'étiage, l'eau s'écoule parfois si lentement et ne coule plus que dans une petite partie du lit du cours d’eau. Dans ces conditions, la vitesse d’écoulement et le débit sont plus difficiles à déterminer avec précision qu’en situation normale, et même de faibles modifications du lit du cours d’eau ou des conditions d’écoulement peuvent influencer les valeurs mesurées. C’est pourquoi certaines stations de mesure sont équipées de chenaux d’étiage qui permettent d’effectuer des mesures plus précises même lorsque les débits sont très faibles.
Si les niveaux d’eau descendent plus bas que lors des périodes de sécheresse observées jusqu’à présent, des incertitudes supplémentaires peuvent apparaître. La relation entre le niveau d’eau et le débit, connue pour une station de mesure, doit alors, dans certains cas, être redéfinie. Cependant, c’est précisément lorsque les débits sont très faibles que les mesures restent généralement associées à des incertitudes plus importantes. Dans certains cas, les équipements de mesure fixes ne permettent même plus d’enregistrer des valeurs fiables. Lorsque le niveau d’eau est exceptionnellement bas, des mesures complémentaires sont effectuées en plus sur place.
La mesure de la température de l’eau peut également être perturbée en cas d’étiage extrême. Si une sonde de mesure fixe se retrouve à sec, elle mesure la température de l’air au lieu de celle de l’eau. Étant donné que les sondes ne peuvent pas être installées plus en profondeur partout en raison des conditions locales, des appareils de mesure supplémentaires sont utilisés à certains points de mesure. Leurs données ne sont parfois pas disponibles en temps réel, mais peuvent être utilisées a posteriori pour vérifier et corriger la série de mesures.
Pour les stations du réseau de mesure de l’OFEV concernées par ces restrictions, un avis de perturbation est affiché sur le portail de données www.hydrodaten.admin.ch.
Les cours d’eau et plans d’eau de petite et moyenne taille réagissent de manière particulièrement sensible à la sécheresse et à la chaleur. Lorsque les niveaux sont bas, ils se réchauffent donc encore plus vite que les grands lacs et cours d’eau. Des températures élevées de l'air et un rayonnement solaire intense peuvent y provoquer de fortes variations au cours de la journée.
Les seules exceptions sont les cours d’eau dont le bassin versant situé à haute altitude achemine de l’eau fraîche provenant de la fonte des neiges et des glaciers. Les très petits cours d’eau, quant à eux, peuvent se rafraîchir temporairement à la suite d’un orage.
Des informations actualisées sur les niveaux et les débits des cours d’eau, sur les eaux souterraines et sur les températures de l’eau sont disponibles sous :
Depuis 2022, l’OFEV, en collaboration avec l’Institut fédéral suisse des sciences et technologies de l’eau (Eawag) et les services cantonaux spécialisés, assure un suivi en temps réel de la température de l’eau des lacs. Des informations sur la température des lacs sont parfois disponibles également auprès des cantons, des établissements de baignade ou de la police des lacs.
Lorsque la température de l’eau augmente, sa teneur en oxygène diminue. Beaucoup d’organismes aquatiques subissent alors un stress. Sont particulièrement sensibles à ce phénomène les espèces de poissons qui sont tributaires d’une eau fraîche et riche en oxygène. Voir aussi → Conséquences pour la nature et l’environnement.
Afin de protéger les espèces sensibles et leurs habitats, les autorités peuvent prendre différentes mesures. Celles-ci peuvent notamment inclure des restrictions concernant le rejet d’eaux de refroidissement réchauffées provenant d’installations industrielles ou de centrales nucléaires, ainsi que des interdictions de baignade dans des secteurs particulièrement sensibles servant de refuges aux poissons.
La vitesse et l’intensité avec lesquelles les eaux souterraines réagissent à la sécheresse dépendent des propriétés du sous-sol, mais aussi de la taille et de la profondeur de la ressource en question. Les eaux souterraines situées le long de cours d’eau ou dans des régions karstiques peuvent réagir assez rapidement aux intempéries. Ailleurs, les effets se manifestent au bout de plusieurs jours, semaines, voire mois.
Si une période de sécheresse se prolonge ou si des périodes de sécheresse se répètent sur plusieurs années, le niveau des eaux souterraines peut baisser durablement. Jusqu’à présent en Suisse, les périodes de précipitations relativement longues qui ont succédé aux périodes de sécheresse ont toujours permis aux réserves d’eau souterraine de revenir à la normale durant le semestre d’hiver.
À basse altitude, les eaux souterraines se rechargent principalement durant l’hiver. En montagne, la recharge se fait en bonne partie au printemps, avec la fonte des neiges. Les précipitations qui tombent pendant le semestre d’hiver sont donc particulièrement importantes pour le renouvellement des eaux souterraines. Dès que la période de végétation reprend, les plantes absorbent de grandes quantités d’eau et l’évapotranspiration augmente, si bien que les infiltrations jusqu’aux eaux souterraines diminuent.
En principe, il n’y a donc rien d’inhabituel à ce que les niveaux des eaux souterraines et les débits des sources diminuent en été. Mais le manque de précipitations durant l’hiver 2025-2026 a limité la recharge pendant le semestre hivernal. Ainsi, les niveaux des eaux souterraines et les débits des sources étaient déjà relativement bas au début de l’été et ils affichent désormais depuis plusieurs semaines un niveau faible à de nombreuses stations de mesure.
Les cours d’eau réagissent généralement aux précipitations et à la sécheresse plus vite que les eaux souterraines : leur niveau peut monter ou descendre rapidement selon que les pluies abondent ou sont absentes.
La connexion entre les cours d’eau et les eaux souterraines dépend fortement des conditions locales. Certains cours d’eau sont alimentés par les eaux souterraines, même en période de sécheresse, tandis que d’autres, à l’inverse, les alimentent. Beaucoup de petits cours d’eau n’ont toutefois aucune connexion ou presque avec les eaux souterraines. Lorsque le manque d’eau de pluie et d’eau de fonte se prolonge, ils peuvent donc charrier moins d’eau, voire s’assécher, malgré la présence d’eaux souterraines dans la région.
La vitesse à laquelle un écosystème aquatique se rétablit à la suite d’un assèchement dépend notamment de la longueur du tronçon concerné et de la distance à laquelle se trouvent les populations d’organismes aquatiques qui ont survécu. Il est également essentiel que les conditions de vie soient de nouveau adaptées, à commencer par les volumes d’eau, les températures de l’eau et les sources de nourriture.
Une fois l’eau revenue, les poissons, les écrevisses et les autres organismes aquatiques présents dans les eaux adjacentes peuvent repeupler le tronçon concerné, pour autant qu’il leur soit accessible. Les insectes aquatiques jouent eux aussi un rôle important dans ces écosystèmes, du fait qu’ils appartiennent à la fois au réseau trophique des organismes aquatiques et à celui d’animaux terrestres tels que des oiseaux ou des reptiles. Le repeuplement par les organismes aquatiques peut s’amorcer relativement vite en fonction de l’espèce. Toutefois, plusieurs années sont parfois nécessaires aux populations pour retrouver leur taille d’origine.
La capacité d’un cours d’eau à se rétablir dépend donc également de sa connectivité et de l’état des milieux naturels adjacents. Avec des périodes de sécheresse plus fréquentes et plus longues, le rétablissement des eaux devient plus difficile, en particulier lorsque les organismes ont peu de temps pour repeupler un cours d’eau entre deux événements extrêmes.
Les eaux souterraines se forment à mesure que l’eau de pluie et l’eau de fonte pénètrent dans les sols et s’accumulent dans les pores et les fissures des couches de roche. Elles profitent aussi de l’infiltration d’éventuels cours d’eau à proximité. En période de sécheresse, la situation peut s’inverser, les cours d’eau étant alors alimentés par des apports d’eau souterraine (voir aussi → « Pourquoi certains cours d’eau peuvent-ils s’assécher malgré la présence d’eaux souterraines ? »).
Les grandes ressources d’eau souterraine du Plateau et des grandes vallées alpines ont une épaisseur allant de plusieurs mètres à plusieurs dizaines de mètres. Elles contiennent d’importants volumes d’eau et sont relativement peu sensibles aux phases de sécheresse ponctuelles. Celles de petite taille, en revanche, sont plus fortement impactées par la sécheresse. Elles alimentent généralement des sources et sont souvent situées à des altitudes légèrement plus élevées. En cas de sécheresse marquée, le débit des sources peut diminuer considérablement, voire tarir temporairement.
Pour l’utilisation de l’eau, il est donc essentiel de savoir non seulement s’il reste de l’eau souterraine encore disponible, mais également si la quantité d’eau exploitable au niveau local est suffisante. En Suisse, la plupart des réseaux d’approvisionnement sont bien connectés entre eux et peuvent, en cas de pénurie, utiliser l’eau des communes voisines par exemple. Des pénuries temporaires peuvent toutefois survenir localement si la sécheresse est très marquée.
Sécheresse et eaux souterraines
SVGW : « Dossier Aktionsplan Trockenheit » (uniquement en allemand)
Des réservoirs d’eau peuvent contribuer à atténuer les pénuries locales pendant les périodes de sécheresse. Encore faut-il que la capacité du réservoir soit suffisante et que ce dernier se trouve précisément là où l’eau viendra à manquer.
Sur le Plateau densément peuplé, où sont attendus les plus grands déficits d’eau, les possibilités de construire de grands réservoirs artificiels sont limitées. Et même les lacs d’accumulation existants ne peuvent compenser que dans une certaine mesure les pénuries d’eau attendues en été.
En plus des réservoirs d’eau artificiels, les mesures qui permettent de retenir l’eau le plus longtemps possible dans le paysage et dans les sols, puis de la restituer progressivement, jouent donc un rôle important elles aussi. Ces mesures consistent par exemple à désimperméabiliser les sols, à remettre en eau des surfaces appropriées ou à améliorer la rétention de l’eau dans les sols agricoles. Le principe de la « ville éponge » et celui du « paysage éponge » sont deux approches qui contribuent également à retenir l’eau de pluie, au lieu de l’évacuer le plus vite possible.
En période de canicule et de sécheresse, les réservoirs d’eau naturels (tels que les eaux souterraines et les lacs) et la rétention de l’eau dans les sols revêtent une importance particulière. Si la quantité d’eau disponible est un facteur décisif, sa qualité l’est tout autant : c’est pourquoi la Confédération, les cantons et les communes s’emploient à préserver les réservoirs d’eau naturels que sont les aquifères, les marais, les zones alluviales et les zones humides et à réduire les apports de substances polluantes dans les eaux souterraines et superficielles.
La Suisse dispose toujours d’abondantes ressources hydriques. Pourtant, les changements climatiques modifient la disponibilité spatiale et temporelle de l’eau. Les scénarios hydrologiques de l’OFEV (Hydro-CH2018) montrent que l’apport de la fonte des neiges et des glaciers ne cesse de diminuer. Il s’ensuit une modification de la répartition saisonnière : à l’avenir, les eaux verront généralement leurs débits augmenter en hiver et baisser en été. La quantité totale d’eau disponible sur l’année ne devrait toutefois diminuer que légèrement.
Par ailleurs, les épisodes de sécheresse deviendront plus fréquents et plus longs, surtout en été. Durant ces événements extrêmes, certaines régions pourraient connaître ponctuellement des pénuries d’eau, susceptibles d’entraîner des conflits d’utilisation entre l’approvisionnement en eau potable, l’agriculture, la production d’énergie, l’industrie et la protection des eaux et des écosystèmes. Les petits ruisseaux pourront même s’assécher temporairement lors des périodes de sécheresse marquée.
Il sera donc essentiel, à l’avenir, d’encore mieux coordonner et gérer durablement les ressources hydriques disponibles. À cet égard, la Confédération élabore actuellement une stratégie nationale de gestion de l’eau, sur laquelle le Conseil fédéral se prononcera vraisemblablement fin 2027.
En Suisse, les cantons détiennent la souveraineté sur l’eau. L’OFEV les soutient en mettant à leur disposition des études de base, des données, des aides à l’exécution ainsi que la plateforme nationale sur la sécheresse.
De plus, l’OFEV élabore actuellement une stratégie nationale de gestion de l’eau. Le Parlement avait chargé le Conseil fédéral en ce sens dans le cadre du programme de la législature 2023-2027.
La stratégie a pour objectif de garantir une utilisation durable des ressources en eau et de les protéger de manière adéquate. Dans un contexte où les périodes de sécheresse et les précipitations intenses se multiplient, la rétention de l’or bleu et la protection de nos eaux revêtent une importance croissante. Il convient en outre d’adopter une approche globale et coordonnée en ce qui concerne l’utilisation de cette ressource précieuse.
La stratégie nationale de gestion de l’eau se fonde sur des stratégies et des plans d’action de la Confédération (notamment l’Adaptation aux changements climatiques en Suisse, la Stratégie Biodiversité Suisse et la Stratégie Climat pour l’agriculture et l’alimentation 2050) ainsi que sur des stratégies cantonales. Elle vise à mieux mettre en phase les activités avec les bases existantes et à anticiper et à mieux gérer les conflits d’utilisation. Elle permettra également de mettre en évidence les lacunes, par exemple au niveau de la législation ou des données de base concernant la disponibilité et l’utilisation de l’eau, et de les combler au moyen de mesures appropriées.
L’élaboration de la stratégie repose sur une collaboration entre les échelons administratifs (Confédération, cantons et villes/communes) et les secteurs concernés (gestion des eaux, énergie, agriculture, protection de l’environnement, recherche). Le Conseil fédéral adoptera la stratégie vraisemblablement fin 2027.
Les cantons et les communes œuvrent également pour améliorer la gestion des ressources en eau. Se fondant sur la législation sur la protection des eaux, ils mettent systématiquement en œuvre des mesures, perfectionnent les instruments existants et en développent de nouveaux afin d’être encore mieux préparés à l’avenir aux périodes de sécheresse et aux situations de pénurie d’eau. Il s’agit là notamment de stratégies cantonales en matière d’eau, de plans régionaux de gestion des ressources hydriques, mais aussi d’instances chargées de la prévention et de la gestion des pénuries d’eau.

Monitoring, données et alertes
La Suisse s’est dotée en 2025 d’un système national de détection et d’alerte précoces en matière de sécheresse.
L’OFEV, MétéoSuisse et swisstopo collaborent étroitement à l’exploitation de ce système, avec le soutien du WSL. La plateforme nationale sur la sécheresse évalue et classe en permanence diverses données sur les précipitations, l’humidité des sols, les débits et les niveaux des eaux souterraines ainsi que des données satellitaires sur l’état de santé de la végétation. La Confédération surveille l’évolution de la sécheresse de manière continue et adapte ses estimations au fur et à mesure.
La Suisse s’est dotée en 2025 d’un système national de détection et d’alerte précoces en matière de sécheresse. Ce système surveille en permanence différents facteurs d’influence tels que les précipitations, l’humidité des sols, les débits et les niveaux des eaux souterraines et superficielles. La Confédération émet des alertes lorsque des seuils prédéfinis sont atteints ou lorsque l’évolution observée laisse craindre un épisode de grande sécheresse. Ces alertes fournissent des informations sur la situation actuelle et sur son évolution probable. Elles aident les autorités compétentes à évaluer la situation le plus tôt possible, à se coordonner et, si besoin, à préparer des mesures et à les mettre en œuvre.

Comportement et mesures
Les mesures nécessaires ou qui restent pertinentes dépendent de la situation régionale et du domaine concerné. Les informations actualisées et les décisions des autorités cantonales et communales compétentes sont déterminantes.
En cas de sécheresse, les autorités cantonales compétentes peuvent limiter ou interdire temporairement les prélèvements d’eau dans les cours d’eau et les lacs. De telles mesures visent à protéger les eaux et leurs habitats et à préserver les ressources en eau disponibles.
Les informations relatives à une restriction ou une interdiction de prélèvement d’eau sont publiées par le canton compétent. L’OFEV ne dispose pas d’une vue d’ensemble en la matière.
Pas totalement. Les scénarios hydrologiques de l’OFEV (Hydro-CH2018) montrent qu’à l’avenir les périodes de sécheresse seront plus fréquentes et plus longues, particulièrement en été. Pendant les phases de sécheresse prononcée, il peut donc arriver que des petits cours d’eau s’assèchent temporairement.
Des mesures de protection peuvent contribuer à rendre les eaux plus résistantes à la sécheresse. Les revitalisations, le maintien de débits résiduels suffisants en aval des prélèvements d’eau et l’assainissement écologique de la force hydraulique sont des exemples de mesures efficaces. Les eaux proches de l’état naturel de même que celles qui ont été revitalisées présentent par ailleurs une plus grande variété de structures et une plus grande hétérogénéité en matière de profondeur, ce qui accroît leur résistance écologique.
Les mesures permettant de retenir l’eau dans les sols et dans le paysage, puis de la restituer progressivement, peuvent aussi soutenir les débits des cours d’eau pendant les périodes de sécheresse. Toutefois, en l’absence totale d’affluent, il n’est pas toujours possible d’empêcher l’assèchement d’un cours d’eau.
La canicule, l’étiage et la sécheresse peuvent fortement affecter les poissons et les autres organismes aquatiques. Les espèces particulièrement tributaires d’une eau fraîche, comme les ombres et les truites de rivière, doivent pouvoir trouver des lieux de repli adaptés lorsque l’eau se réchauffe fortement ou les débits deviennent trop faibles.
Des cours d’eau proches de l’état naturel et interconnectés sont essentiels à long terme. Les revitalisations contribuent à la diversité des habitats et créent des possibilités de repli. La continuité des cours d’eau permet aux poissons de se réfugier dans des tronçons plus propices lorsque les conditions deviennent défavorables. Des mesures de revitalisation réalisées à des endroits stratégiques du cours d’eau peuvent favoriser l’infiltration d’eau souterraine fraîche et ainsi créer des zones de repli pour les poissons.
Une végétation dense sur les rives apporte de l’ombre et peut contribuer à limiter le réchauffement de l’eau. Par ailleurs, il est important de toujours maintenir des débits résiduels suffisants en aval des prélèvements d’eau. L’assainissement écologique de la force hydraulique contribue lui aussi à améliorer les conditions de vie des poissons et des autres organismes aquatiques, par exemple en créant des surfaces graveleuses propices au frai ou en atténuant les variations des volumes d’eau.
Ces mesures sont encouragées par la Confédération en vertu de la loi fédérale sur la protection des eaux et la loi fédérale sur la pêche et sont mises en œuvre par les cantons. Face à la multiplication des périodes de canicule et de sécheresse, elles ne cessent de gagner en importance.
Lors de phases sévères de canicule et de sécheresse, des mesures supplémentaires de courte durée peuvent être nécessaires. Les cantons peuvent par exemple décréter des interdictions temporaires d’accès, de baignade, de pêche ou d’autres utilisations ou demander à la population d’éviter certains tronçons de cours d’eau. Le but est d’empêcher que des perturbations supplémentaires contraignent les poissons à fuir les zones fraîches où ils ont trouvé refuge – d’autant que ces réactions de fuite accroissent leur consommation d’énergie et d’oxygène. Dans des conditions déjà stressantes, ces perturbations peuvent aggraver la menace qui pèse sur les animaux et, dans des cas extrêmes, causer leur mort.
D’autres mesures d’urgence peuvent être envisagées en fonction de la situation, par exemple l’arrêt des prélèvements d’eau, l’ombrage artificiel, les pêches de sauvetage ou la création de lieux de repli temporairement rafraîchis par le déversement d’une eau plus froide. De telles mesures sont spécifiques à la situation et présentent certaines limites. Des pêches de sauvetage, par exemple, sont pratiquées après mûre réflexion (voir aussi → « Pourquoi des poissons sont-ils capturés et transférés vers d’autres eaux ? »).
Toute personne qui découvre des poissons morts ou mourants dans un cours d’eau ou un lac est priée d’en informer immédiatement le service cantonal de la pêche ou la police, également en période de canicule et de sécheresse.
Les températures élevées de l’eau et les faibles niveaux d’eau peuvent mettre les poissons à rude épreuve et accroître leur mortalité. D’autres causes peuvent aussi entrer en jeu, par exemple une pollution de l’eau. Les autorités sont compétentes pour évaluer la situation, en déterminer la cause et prendre les mesures appropriées.
Il ne faut en aucun cas capturer soi-même les poissons et les rejeter dans un autre cours d’eau. Cette opération peut non seulement causer un stress supplémentaire aux poissons, mais également transférer des maladies ou des organismes exotiques. En plus, il n’est pas certain que les conditions de vie dans l’autre cours d’eau sont adaptées, à commencer par le volume d’eau, la température de l’eau et le taux d’oxygène. L’opportunité d’une capture et d’un transfert doit donc être évaluée par des spécialistes et, le cas échéant, concertée avec le service cantonal de la pêche.
La vente de feux d’artifice et les interdictions de faire du feu prononcées en raison d’un danger élevé d’incendie de forêt relèvent de réglementations et de compétences différentes.
Les feux d’artifice sont soumis à des dispositions légales en vigueur dans toute la Suisse, notamment en matière de fabrication, d’importation, de vente et d’utilisation. Les interdictions de faire du feu sont quant à elles promulguées par les autorités cantonales et communales compétentes, qui peuvent adapter leurs mesures en fonction de la situation locale.
Ainsi, une interdiction de faire du feu ne signifie pas automatiquement que la vente de feux d’artifice n’est plus autorisée. En cas de danger élevé d’incendie de forêt, les autorités compétentes peuvent toutefois restreindre, voire interdire, le tir de feux d’artifice.
Il est donc essentiel de vous renseigner au préalable sur les règles en vigueur dans votre canton et votre commune.
L’autorisation de tirer des feux d’artifice dépend du danger d’incendie de forêt et des réglementations en vigueur localement. La sécheresse n’entraîne pas automatiquement une interdiction des feux d’artifice.
En cas de danger élevé d’incendie de forêt, les autorités cantonales ou communales compétentes peuvent restreindre, voire interdire, le tir de feux d’artifice. C’est pourquoi les réglementations peuvent varier d’un canton ou d’une commune à l’autre et sont susceptibles de changer rapidement en fonction de la situation de danger.
Il est donc essentiel de vous renseigner au préalable sur les règles en vigueur dans votre canton et votre commune. Lorsque le danger d’incendie est élevé, la plus grande prudence est de mise concernant les feux en plein air et les feux d’artifice même en l’absence d’interdiction.
Non, l’OFEV ne peut pas décréter une interdiction nationale d’allumer des feux. Son rôle consiste à élaborer des bases pour la prévention des incendies de forêt, à informer sur le danger d’incendie de forêt et à publier une vue d’ensemble du danger actuel et des interdictions en vigueur.
Les restrictions et les interdictions visant à prévenir les incendies de forêt sont décrétées par les autorités cantonales ou communales compétentes au regard de la situation concrète sur place. Une interdiction de faire du feu n’est pas décrétée automatiquement à partir d’un certain niveau de danger.
L’exécution relève de la responsabilité des autorités cantonales ou communales compétentes. En fonction de la réglementation cantonale, elle peut être confiée à la police, à la police du feu, aux autorités forestières ou à d’autres services d’exécution. Les infractions sont sanctionnées conformément aux dispositions cantonales ou communales en vigueur.
Les services d’intervention dans les airs peuvent apporter un soutien efficace à la lutte contre les incendies, par exemple en ralentissant la progression du feu, en refroidissant certains secteurs particulièrement menacés ou en soulageant les équipes au sol. Mais ils ne peuvent pas remplacer les moyens de lutte déployés au sol. Pour éteindre complètement un incendie de forêt et maîtriser les éventuels foyers de braise, les services d’intervention sur site restent décisifs.
Pour des raisons pratiques, financières et écologiques, arroser des forêts à grande échelle n’est ni réalisable ni opportun. D’autant qu’une telle mesure nécessiterait d’énormes quantités d’eau – précisément en période de sécheresse – et une infrastructure coûteuse. Par ailleurs, l’effet obtenu serait limité dans l’espace et dans le temps.
Les forêts suisses gérées dans le respect de la nature sont en principe adaptées aux phases naturelles de sécheresse, même si les changements climatiques les mettent aujourd’hui à plus rude épreuve. Le jaunissement et la chute prématurés du feuillage en été résultent ainsi d’un mécanisme de protection naturel qui permet aux arbres de réduire l’évaporation et d’économiser l’eau. Mais ils sont aussi le signe d’un stress hydrique.
Dans certains cas précis, les jeunes arbres et les plantations récentes peuvent faire l’objet d’un arrosage ciblé, par exemple dans des zones urbanisées ou sur des surfaces expérimentales. Cet arrosage sert à la croissance ou à la préservation des arbres, et non à la prévention générale des incendies de forêt.
Causes et lien avec le climat
Un événement isolé tel que la sécheresse de l’été 2026 ne peut pas être attribué avec certitude aux changements climatiques. Toutefois, les changements climatiques augmentent la probabilité de connaître des périodes de chaleur et de sécheresse plus longues et plus intenses. D’une part, la diminution des précipitations estivales, l’augmentation des températures de l’air et l’accentuation du phénomène d’évapotranspiration ont pour effet combiné d’aggraver l’assèchement des sols en été ; l’humidité des sols et la disponibilité de l’eau diminuent ainsi plus vite. D’autre part, le manque de neige réduit les quantités d’eau stockées en hiver et conduit à une baisse des débits au printemps et en été ; les quantités d’eau disponibles en été sont ainsi restreintes.

Conséquences pour la nature et l’environnement
Pendant les vagues de chaleur estivales, les eaux dont le niveau est bas deviennent plus chaudes et plus pauvres en oxygène, ce qui nuit aux poissons et aux autres organismes aquatiques. Le stress hydrique affaiblit les arbres et les rend plus vulnérables aux ravageurs et aux maladies. Les forêts de protection ainsi affaiblies risquent de ne plus pouvoir remplir leur fonction. Une sécheresse persistante accroît en outre le risque d’incendie de forêt et de culture. L’humidité des sols diminue, les rendements peuvent baisser et les besoins en irrigation augmentent, ce qui accroît encore la pression sur les eaux.
Lorsque des tronçons de cours d’eau menacent de s’assécher ou lorsque les conditions deviennent critiques pour les poissons, les services cantonaux compétents peuvent capturer des poissons et les transférer vers des eaux plus propices.
Une reconstitution est possible pour autant que les conditions de vie dans le tronçon de cours d’eau soient de nouveau adaptées, à commencer par les volumes d’eau, les températures de l’eau et les sources de nourriture. La vitesse à laquelle les peuplements piscicoles se rétablissent dépend notamment de la longueur du tronçon et de la facilité avec laquelle il est accessible aux populations qui ont survécu en amont, en aval ou dans les affluents.
La reconstitution des populations devient plus difficile à mesure que les effets des changements climatiques progressent, en particulier pour les espèces spécialisées et cryophiles. Face à la multiplication des phases extrêmes de canicule et de sécheresse, les populations disposent de moins de temps pour se rétablir entre deux événements. À long terme, cette situation peut entraîner des modifications irréversibles dans les peuplements piscicoles et les écosystèmes aquatiques.
Les arbres qui subissent un stress en raison de la canicule et de la sécheresse grandissent moins, peuvent perdre leurs feuilles ou leurs aiguilles prématurément et sont plus sensibles aux ravageurs et aux maladies. Les sites plats, secs ou fortement ensoleillés sont particulièrement touchés. L’ampleur des conséquences dépend de la durée et de l’intensité de la sécheresse ou de la vague de chaleur, ainsi que du site, de l’essence d’arbre et de l’état de la forêt.

Comparaison et classement
Au cours des dernières décennies, la Suisse a connu plusieurs périodes de sécheresse marquées, notamment durant les mois d’été des années 2003, 2015, 2018, 2022 et 2023. De telles périodes se caractérisent souvent par des pénuries d’eau, des sols asséchés, des températures élevées des eaux et un danger accru en matière d’incendie de forêt. L’été 2018 a été jusqu'à présent l’un des étés les plus secs depuis plus de 100 ans.
Précipitations
Les premières analyses de MétéoSuisse montrent que le printemps et la première moitié de l'été 2026 comptent désormais parmi les plus secs jamais enregistrés.
Débits et niveaux d’eau
Les effets de la sécheresse persistante se font aussi sentir dans les cours d'eau suisses. Les analyses de l'OFEV montrent qu'au cours de l'été 2026, on a observé, sur de nombreux fleuves et lacs, des débits et des niveaux d'eau plus bas que lors des précédentes années de sécheresse estivale. Entre le 1er juin et fin août, un peu moins de 40 % de toutes les stations de mesure de débit en Suisse ont enregistré de nouveaux records de basses eaux pour cette période (cf. carte).
Année où la moyenne journalière du débit a été la plus faible depuis le début des mesures (période du 1er juin à fin août). Seules sont représentées les stations de mesure de l'OFEV disposant de séries de données d'au moins 30 ans. — © OFEV La situation est particulièrement marquée dans le centre et l’est du Plateau, dans les Préalpes et dans les Grisons. Le Rhin est également particulièrement touché cette année.le. À Bâle, la situation est particulièrement frappante : à l’exception du mois de février, les débits du Rhin sont restés inférieurs à la moyenne pluriannuelle depuis le début de l’année. Depuis la mi-juin, la situation s’est encore aggravée : les débits sont presque systématiquement inférieurs aux valeurs minimales enregistrées pour cette période de l’année au cours de la période de référence 1991-2020 (cf. graphique ci-dessous).
La situation est différente dans les bassins versants alpins, fortement influencés par la fonte des glaciers. Dans ces régions, les nouveaux records sont plus rares. Sur la Massa à Blatten, par exemple, les débits étaient souvent supérieurs aux valeurs saisonnières de la période de référence 1991–2020. Les températures élevées accentuent la fonte des glaciers, ce qui a permis de maintenir les débits de certains cours d'eau malgré le déficit pluviométrique.
De nombreux lacs présentent aussi des niveaux nettement inférieurs à la moyenne. À la mi-août, certains lacs, comme le lac de Zoug, le lac des Quatre-Cantons et le lac Majeur, ne dépassaient que de peu les minima enregistrés lors des années de sécheresse de 2018 et 2003. Le lac de Zurich, le lac de Walenstadt et le lac de Constance sont en revanche descendus en-dessous des niveaux les plus bas jamais enregistrés à cette période de l’année (cf. graphiques). La situation du lac de Zurich montre de manière frappante que, malgré la régulation, le niveau du lac ne peut pas toujours être maintenu à son niveau habituel en raison du manque de précipitations. Afin de garantir les débits résiduels nécessaires dans la Limmat, il a fallu déroger au règlement de régulation.

Station Rhein-Basel, Rheinhalle: comparaison des débits de 2026 avec ceux de 2003 et 2018. — © OFEV 
Station Massa-Blatten: comparaison des débits de 2026 avec ceux de 2003 et 2018. — © OFEV 
Station Doubs-Ocourt: comparaison des débits de 2026 avec ceux de 2003 et 2018. — © OFEV 
Station Dischmabach-Davos, Kriegsmatte: comparaison des débits de 2026 avec ceux de 2003 et 2018. — © OFEV 
Station Bodensee (Obersee)-Romanshorn: comparaison des niveaux d‘eau de 2026 avec ceux de 2003 et 2018. — © OFEV 
Station Zürichsee-Zürich: comparaison des niveaux d‘eau de 2026 avec ceux de 2003 et 2018. — © OFEV 
Station Zugersee-Zug: comparaison des niveaux d‘eau de 2026 avec ceux de 2003 et 2018. — © OFEV 
Station Walensee-Murg: comparaison des niveaux d‘eau de 2026 avec ceux de 2003 et 2018 — © OFEV 
Station Vierwaldstättersee-Luzern: comparaison des niveaux d‘eau de 2026 avec ceux de 2003 et 2018. 
Station Lago Maggiore-Locarno: comparaison des niveaux d‘eau de 2026 avec ceux de 2003 et 2018. — © OFEV Le récapitulatif des valeurs minimales enregistrées aux différentes stations de mesure est disponible ci-dessus. → Les niveaux d'eau actuels sont-ils exceptionnellement bas ?
Température des eaux
Les températures de l’eau élevées sont étroitement liées aux faibles débits. En 2026, elles ont atteint des niveaux records dans de nombreuses régions de Suisse. Entre le 1er juin et fin août, près de 60 % des stations de mesure ont enregistré de nouveaux records de température de l'eau pour cette période depuis le début des observations. Ces records concernent principalement le Plateau et le Jura, tandis que les cours d’eau alimentés par les glaciers se sont moins réchauffés grâce à l’apport d’eau de fonte.

Année où la température maximale quotidienne de l'eau a été la plus élevée entre le 1er juin et fin août. Les données aux stations de surveillance de la température de l'eau de l'OFEV sont prises en compte depuis le début des mesures. — © OFEV Sur plusieurs cours d’eau, les valeurs maximales enregistrées lors des étés caniculaires de 2003 et 2018 ont même été dépassées. Ainsi, l’Aar à Berne a atteint 24,8 °C le 14 juillet, dépassant ainsi le précédent record de 24,12 °C établi le 4 août 2022. À la station de mesure située sur la Reuss à Lucerne, un nouveau record de 26,36 °C a été enregistré le 27 juin, dépassant ainsi l’ancien record de 26,23 °C établi le 5 août 2018.
Il est également remarquable que ces nouveaux records aient été atteints si tôt dans l’année, ce qui témoigne de l’intensité des vagues de chaleur observées en 2026.

Station Aare-Bern, Schönau: comparaison de la température de l'eau de 2026 avec celles de 2003 et 2018. — © OFEV 
Station Reuss-Luzern, Geissmattbrücke: comparaison de la température de l'eau de 2026 avec celles de 2003 et 2018. — © OFEV Le récapitulatif des valeurs maximales enregistrées par chaque station de mesure est disponible ci-dessus. → Les températures d’eau actuelles sont-elles exceptionnellement élevées ?
Perspectives d'avenir
Les scénarios climatiques montrent que les canicules vont se multiplier à l’avenir et que les périodes de sécheresse prolongées seront plus fréquentes en raison du réchauffement climatique.
Magazine en ligne « l’environnement » : La sécheresse n’est plus une exception
Il est peu probable que la Suisse connaisse des incendies de forêt aussi étendus et dévastateurs que ceux qui ont fait rage en France, en Espagne et au Portugal durant l’été 2026. En effet, le paysage suisse est fragmenté en plus petites surfaces et davantage entrecoupé de zones habitées, de voies de circulation, de prairies et de pâturages. Ces espaces ouverts sont autant de barrières naturelles qui peuvent agir contre le feu et ralentir sa progression.
Pour autant, des incendies de grande ampleur ne sont pas exclus. Les périodes de sécheresse prolongées, les températures élevées et les vents forts peuvent provoquer, en Suisse également, des incendies de forêt intenses et même simultanés. Le risque s’accroît non seulement sur le côté sud des Alpes et dans les vallées intra-alpines, mais aussi dans le nord des Alpes.
L’incendie de forêt à Bitsch (canton du Valais) en juillet 2023 montre à quelles conséquences la Suisse peut désormais s’attendre : environ 130 hectares de forêt sont partis en fumée, soit près de 50 000 arbres (d’après les estimations). Les incendies sont particulièrement problématiques dans les forêts de protection car, en altérant l’action protectrice de ces forêts spéciales, ils augmentent certains risques secondaires tels que l’érosion, les chutes de pierres, les glissements de terrain et les laves torrentielles.
Ces incendies de grande ampleur montrent à quel point la prévention, la détection précoce et la préparation de procédures d’intervention sont importantes, de même qu’une coordination étroite entre les services d’intervention au sol et dans les airs. Par ailleurs, ils rappellent que même les capacités nationales et internationales les plus importantes peuvent atteindre leurs limites lorsque plusieurs incendies font rage simultanément. Pour ces raisons, la Suisse mise sur un système échelonné mobilisant des moyens cantonaux, intercantonaux, privés, militaires et internationaux.

Compétences et coordination
Les cantons évaluent la situation sur place et prennent les mesures requises dans leur domaine de compétence. En fonction de la situation, les autorités cantonales ou communales compétentes peuvent par exemple limiter les prélèvements d’eau, prendre des mesures pour garantir l’approvisionnement en eau ou promulguer des interdictions d’allumer des feux.
Les services fédéraux compétents observent et évaluent l’évolution de la situation à l’échelle du pays, fournissent des données de base, émettent des alertes et entretiennent des échanges fréquents avec les cantons. Par ailleurs, l’OFEV collecte régulièrement auprès des cantons des informations sur l’état de la sécheresse, ses conséquences concrètes et les besoins de soutien éventuels.
- Portail des dangers naturels
Alertes actuelles de la Confédération aux dangers naturels
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Les services fédéraux compétents évaluent en permanence l’état de la sécheresse. Ils se concertent entre eux ainsi qu’avec les cantons. Régulièrement, l’OFEV collecte auprès des cantons des informations sur l’état de la situation, ses conséquences concrètes et les besoins de soutien éventuels.
L’État-major spécialisé Sécheresse peut être activé pour assurer une coordination encore plus étroite entre plusieurs départements. Dans ce cadre, les services fédéraux concernés coordonnent leur évaluation de la situation et la suite de leurs travaux. Les cantons y sont également représentés.Il est placé sous la direction du secrétaire général du DETEC.
Actuellement, l’État-major spécialisé Sécheresse n’est pas activé de manière formelle. Les travaux en cours des services fédéraux compétents, l’évaluation de la situation et les échanges avec les cantons se déroulent indépendamment de cette organisation. En cas de besoin accru de coordination, l’état-major peut être activé, ce qui permettrait de regrouper et d’intensifier la collaboration existante dans une structure prévue à cet effet.
Une activation de l’état-major ne mobiliserait pas automatiquement des moyens d’intervention supplémentaires et ne constitue pas une condition préalable pour que la Confédération apporte un soutien subsidiaire aux cantons, dans la mesure de ses possibilités.
L’aide fournie dépend du secteur concerné et des conséquences concrètes de la sécheresse. Il existe différentes compétences et possibilités d’aide pour les exploitants agricoles, les communes, les exploitants d’installations d’approvisionnement en eau et les autres parties concernées. Les informations correspondantes sont disponibles auprès des services spécialisés de la Confédération et des cantons.
Lorsqu’un canton ne peut plus faire face à la situation avec ses propres moyens ou en faisant appel à la coopération intercantonale, il peut demander l’aide de la Confédération. Si les conditions requises sont remplies, la Confédération peut lui accorder un soutien complémentaire (aide subsidiaire) dans le cadre des bases juridiques en vigueur. L’aide militaire en cas de catastrophe peut être engagée également : elle intervient à la demande des services cantonaux compétents et vient renforcer les moyens civils. L’activation formelle de l’État-major spécialisé Sécheresse n’est pas une condition préalable à l’engagement de cette aide militaire.