Mesures fédérales d’adaptation aux changements climatiques dans les dangers naturels
Les leçons tirées des événements des dernières décennies constituent la fondement de la législation actuelle.
Adaptation au changement climatique
La stratégie fédérale « Adaptation au changement climatique en Suisse » définit les axes d'action suivants dans le domaine des dangers naturels :
Augmentation du risque d'inondation
Le changement climatique pourrait accroître le risque d'inondation en hiver en raison de l'augmentation des précipitations et de l'élévation simultanée de la limite des chutes de neige. En raison de l'intensification et de la multiplication attendues des fortes précipitations, il faut aussi s'attendre à une augmentation des risques et, surtout, à des dommages importants dus aux ruissellements pendant le reste de l'année. Au printemps et au début de l'été, la superposition de grandes chutes de neige et de fortes précipitations peut aggraver la situation. Dans l'ensemble, l'exposition des zones d'habitat, des bâtiments individuels, des voies de communication, d'autres infrastructures et des terres agricoles évoluera et s'accentuera selon les saisons et les régions.
Diminution de la stabilité des pentes et augmentation des mouvements de terrain
En haute montagne, la stabilité des flancs escarpés dépend des caractéristiques géologiques, de la pente et des conditions de gel. La fonte des glaciers et la dégradation du pergélisol peuvent entraîner une augmentation des mouvements de terrain en fonction des conditions locales. L'évolution de l'extension du pergélisol est étudiée par PERMOS, un organisme suisse de surveillance du pergélisol. L’exemple le plus célèbre est le grand glissement de Moosfluh dans la région d’Aletsch, qui a impliqué plus de 150 millions de mètres cubes de masse rocheuse. Aux altitudes inférieures, le risque de mouvements de terrain augmente en raison de l'élévation de la limite des chutes de neige et de l'augmentations des fortes précipitations.
Surveillance par satellite du glissement de terrain de Moosfluh au glacier d’Aletsch
Depuis le début des mesures en 1880, le glacier d'Aletsch se retire de 20 à 50 m par an en raison du réchauffement climatique, avec une perte aujourd’hui estimé à plus de 3 km de longueur. Sans l’effet stabilisateur de la glace qui fond rapidement, le flan de Moosfluh sur la Riederalp s’est mis à glisser. En 2016, 150 millions de m3 de masse rocheuse, soit l’équivalent de 190'000 maisons se sont écroulés (voir animation ci-dessous). Grâce à des données provenant des satellites et des radars, l’OFEV et le canton du Valais ont pu détecter à temps les mouvements de terrain et fermer ainsi l’accès à la zone en guise de prévention et surveillance du site.
Le paysage alpin actuel se modifie rapidement en Suisse et a pour conséquence d’augmenter les risques de dangers naturels. Dans le cas du glacier d’Aletsch, les chercheurs Guillaume Jouvet et Matthias Huss de l’ETHZ ont simulé la fonte du glacier jusqu’à la fin du siècle. Si la communauté internationale réussit à atteindre les objectifs de l’Accord de Paris sur le climat et limiter le réchauffement planétaire à 2°C, le glacier d’Aletsch pourrait conserver 40% de son volume actuel d’ici en 2100. Le cas contraire, il pourrait complètement disparaître. Le message est fort : cette différence peut être obtenue grâce à des mesures ambitieuses de la Suisse, mais aussi des autres nations.
Plan d'action 2020-2025
Afin de relever ces défis de manière encore plus ciblée au niveau fédéral, le deuxième plan d'action « Adaptation au changement climatique en Suisse : plan d'action 2020-2025 » a été adopté en 2020 :
- Assurer la surveillance des processus de dangers.
- Connaître les dangers et les risques.
- Concevoir des mesures de protection robustes et adaptables.
- Mettre en œuvre des mesures d'aménagement du territoire fondées sur les risques.
- Maîtriser efficacement les événements naturels.
- Renforcer la sensibilisation aux dangers naturels, la formation continue et la recherche dans le domaine des dangers naturels.
- Analyser les événements majeurs et la gestion des risques liés aux dangers naturels.
La protection contre les dangers naturels est déjà largement mise en œuvre en Suisse. Selon la situation, des mesures d'aménagement du territoire, organisationnelles, constructives et biologiques sont combinées de manière optimale. Dans le contexte du changement climatique, les concepts et les mesures existantes doivent être réexaminés en fonction de l'évolution des dangers et adaptés en conséquence. La Confédération élabore, en collaboration avec les cantons, des lignes directrices qui précisent la manière de prendre en compte le changement climatique dans l'évaluation des dangers et des risques, et dans la planification des mesures, afin de permettre une approche commune transparente, systématique et adaptée aux processus.
Des mesures concrètes pour une Suisse adaptée au changement climatique
De nombreux effets du changement climatique se font déjà sentir. Notre pays doit toutefois se préparer à des changements bien plus importants. Le programme pilote « Adaptation au changement climatique » de la Confédération fournit des enseignements précieux et propose des solutions concrètes pour aider la Suisse à atténuer les conséquences négatives du réchauffement climatique.
Entre 2019 et 2023, 50 projets se sont penchés de manière approfondie sur les risques liés au changement climatique. Au total, plus de 500 personnes issues d’organisations publiques et privées et provenant de toutes les régions du pays ont travaillé sur des mesures d’adaptation. Les résultats de leurs efforts servent désormais de base pour préparer notre pays aux changements environnementaux en cours.
Impulsions concrètes pour une adaptation de la Suisse aux changements climatiques

