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Publié le 18 novembre 2025

Protection des captages

De nombreux captages d’eaux souterraines utilisés pour assurer l’approvisionnement en eau potable revêtent un intérêt public. Un système comportant plusieurs zones autour des captages protège ces derniers contre d’éventuelles pollutions. Conforme au principe de précaution, il garantit un approvisionnement en eau simple et abordable.

Près de 12 000 captages d’eaux souterraines revêtent un intérêt public. Ces sources et stations de pompage puisent dans les eaux souterraines pour alimenter la population en eau potable.

La protection des eaux souterraines est conçue selon le principe du système « multicouche », autour des captages. Ces derniers sont entourés de « zones de protection des eaux souterraines » et d’« aires d’alimentation Zu ».

Zones de protection des eaux souterraines

En Suisse, les zones de protection des eaux souterraines font partie de l’infrastructure de l’approvisionnement en eau potable. Elles englobent les sources et stations de pompage faisant office de captages d’intérêt public.

Les exigences de protection des eaux souterraines et de l’eau potable deviennent de plus en plus sévères à mesure que l’on s’approche du captage. La couche vivante du sol joue un rôle essentiel : elle fait office de filtre naturel et purifie les eaux qui se sont infiltrées dans le sol.

Le sable et les graviers présents dans le sous-sol ont, eux aussi, un effet filtrant, mais bien moindre. Ensemble, le sol et le sous-sol forment une couche protectrice au-dessus des eaux souterraines.

Généralement, les ressources d’eau souterraine en roches meubles sont bien mieux protégées par cette couche de couverture que celles des régions karstiques, par exemple dans le Jura, ou que les ressources d’eau souterraine en roches fissurées, comme dans les Alpes. Dans ces régions, les polluants parviennent beaucoup plus facilement dans les eaux souterraines.

L’utilisation de l’eau potable y est donc exposée à un plus grand danger de pollution. Ce risque accru est pris en compte dans la protection des captages d’eaux souterraines.

Zone de protection S1 : Elle comprend les environs immédiats d’un captage et empêche que celui-ci ne soit endommagé ou pollué. Dans cette zone, seuls les travaux de construction et les activités servant à l’approvisionnement en eau potable sont autorisés.

Zone de protection S2 : Elle entoure la zone S1 et a pour objectif de protéger l’eau potable contre les pollutions par des substances mobiles et non dégradables, tels les hydrocarbures, et des agents pathogènes tels que les germes, les virus et les bactéries. Aussi, à l’intérieur de la zone S2, les installations et activités susceptibles de rejeter de tels polluants et agents pathogènes et qui constituent donc une menace pour les eaux souterraines et l’eau potable ne sont pas autorisées.

Puisque la couche vivante du sol purifie l’eau qui s’infiltre dans le sol, elle doit impérativement rester intacte. Les travaux d’excavation, la construction d’installations, l’infiltration d’eaux usées ainsi que les autres activités qui constituent une menace pour l’utilisation de l’eau potable n’y sont pas autorisés.

Zone de protection S3 (roches meubles) : Elle entoure la zone S2 et protège l’eau potable contre les apports de polluants en cas d’accidents. Grâce à la distance qui la sépare du captage, la zone de protection S3 garantit qu’on dispose de suffisamment de temps et d’espace pour pouvoir éliminer les polluants avant qu’ils ne parviennent dans le réseau d’eau potable, ou pour retirer le captage de ce dernier.

C’est pourquoi les installations et les activités susceptibles de menacer les eaux souterraines ne sont pas autorisées dans la zone S3. Sont concernées en particulier les exploitations artisanales et industrielles. L’infiltration d’eaux usées ou le décapage de la couche protectrice sont également interdits.

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Zone de protection Sh (karst / fissure) : La zone Sh couvre les secteurs à haute vulnérabilité. Les installations et les activités qui polluent l’eau potable ou qui modifient l’écoulement des eaux souterraines n’y sont pas autorisées.

Zone de protection Sm (karst / fissure) : La zone Sm couvre les secteurs de vulnérabilité moyenne. La zone Sm protège, elle aussi, les eaux souterraines contre les apports de substances de nature à polluer les eaux et contre l’altération de leur écoulement due à des travaux de construction. Toutefois, un plus grand nombre d’installations et d’activités que dans la zone Sh sont autorisées.

Aire d’alimentation Zu

Comme les zones de protection des eaux souterraines, l’aire d’alimentation Zu protège le captage utilisé pour alimenter la population en eau potable. Le secteur Au de protection des eaux a pour objectif de protéger les eaux souterraines (u = unterirdische = souterraines) tandis que le secteur Ao de protection des eaux protège les eaux superficielles (o = oberirdische= superficielles).

L’aire d’alimentation Zu couvre l’essentiel du bassin d’alimentation d’un captage d’eaux souterraines, à savoir l’aire où s’infiltrent 90 %, ou plus, des eaux souterraines qui sont captées. Ainsi, cette aire est bien plus grande que la zone de protection des eaux souterraines correspondante. L’aire d’alimentation Zu a pour objectif d’empêcher tout dommage aux eaux souterraines par des substances non dégradables et mobiles telles que le nitrate et les résidus de produits phytosanitaires.

Tous les captages d’eaux souterraines du réseau d’eau potable ne requièrent pas une aire d’alimentation Zu. Les cantons définissent une aire d’alimentation Zu pour les captages dont l’eau potable est déjà polluée ou exposée à un danger de pollution. Les restrictions s’appliquent donc uniquement à l’usage des substances à l’origine de la pollution. L’expérience montre qu’il s’agit souvent d’engrais (nitrate) et de produits phytosanitaires.

Périmètres de protection des eaux souterraines

Le statut d’un périmètre de protection des eaux souterraines correspond à celui d’une zone de protection S2, autrement dit : une interdiction générale de construire s’applique, entre autres. Ainsi, les cantons déterminent des surfaces encore non bâties pour de futurs captages d’eaux souterraines. Ces réserves sont nécessaires, car le choix de sites de captage adaptés est de plus en plus difficile, en particulier dans les régions densément peuplées, qui connaissent une forte activité économique.

Il convient, à l’avenir également, de garantir à la population un approvisionnement en eau potable suffisant et de qualité. Le besoin futur d’eau potable et avec lui, le besoin de surfaces protégées, est déterminé par l’augmentation de la population, le remplacement requis de captages existants, mais insuffisamment protégés, et l’augmentation de la durée des épisodes de sécheresse en raison des changements climatiques.

Informations complémentaires

Protection des captages d’eaux souterraines en Suisse : état de l'exécution (PDF, 2 MB, 18.11.2018)

Inventaire des captages d’eau en vue d’une planification régionale (PDF, 626 kB, 16.02.2017)