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Publié le 9 janvier 2026

TFA dans les cours d’eau et les lacs

L’acide trifluoroacétique (TFA) est détecté dans les cours d’eau et les lacs suisses. Dans les cours d’eau, les concentrations sont généralement plus élevées en aval du fait de l’accumulation de cette substance. Les lacs en revanche présentent des concentrations de pointe souvent inférieures, car leur important volume d’eau a un effet diluant et bon nombre d’entre eux se situent plus en amont. Chaque année, plus de 30 t de TFA quittent ainsi le pays et gagnent la mer. C’est le constat d’études menées sur une sélection d’eaux de surface en Suisse entre 2020 et 2023. Des comparaisons avec des échantillons d’archives montrent en outre que les concentrations de TFA ont augmenté d’un facteur six par rapport à la période allant du début des années 1980 à la fin des années 1990.

Concentrations de TFA dans les cours d’eau et les lacs entre 2020 et 2023

Les mesures effectuées dans les cours d’eau et les lacs des bassins versants du Rhin, du Rhône et de l’Inn, qui comptent plusieurs affluents comme l’Aar, reflètent la situation des principaux bassins fluviaux de Suisse (voir figure). Par ailleurs, des échantillons ont été prélevés dans le Léman, le lac de Constance et le lac de Zurich.

Dans les cours d’eau, les concentrations de TFA se situaient entre 0,21 μg/l et 2,8 μg/l et augmentaient au fil de l’écoulement. Cette augmentation découle de l’apport d’eaux usées industrielles et communales. Le Rhône, la Thur et le Rhin en aval de Bâle présentaient des concentrations plus élevées (en moyenne entre 0,80 et 0,88 μg/l), tandis que l’Inn à S-chanf affichait les valeurs les plus basses (en moyenne 0,33 μg/l).

Les concentrations de TFA dans les lacs variaient entre 0,22 et 0,54 μg/l, à l’exception du Léman, où les valeurs étaient nettement plus élevées, évoluant autour de 1 μg/l. Il convient toutefois de noter que l’eau du Léman met plus de dix ans à s’écouler, si bien que la concentration actuelle dans le lac est fortement influencée par les apports du passé.

Échantillons d’archives depuis 1987

Des échantillons d’archives, prélevés entre 1987 et 2011 dans certains cours d’eau, ont également été analysés. Force est de constater que, par rapport aux années 1980 et 1990, les concentrations de TFA dans les cours d’eau ont fortement augmenté. L’évolution est plus marquée pour les cours d’eau (facteur 6) que pour les précipitations (facteur 4). Cette hausse pourrait s’expliquer par le fait que les cours d’eau absorbent également le TFA provenant de l’industrie et d’autres sources.

Flux de TFA dans les cours d’eau

À l’instar des concentrations, les flux augmentent au fil du cours d’eau, si bien que les plus importants sont enregistrés à l’exutoire d’un bassin versant. Chaque année, ce sont 30 t de TFA qui sont charriées par les cours d’eau suisses et qui quittent ainsi le pays en direction de la mer. Les valeurs les plus importantes sont mesurées dans le Rhin (20 t) et dans le Rhône (8 t).

Voici quelques chiffres à titre de comparaison.

  • Lors de précipitations, le TFA présent dans l’air se dépose sur le sol. La quantité ainsi déposée en une année est estimée à quelque 25 t.
  • Selon les estimations, entre 3 et 10 t de TFA parviennent chaque année dans l’environnement en Suisse du fait de la dégradation de produits phytosanitaires. Il n’est pour l’heure pas possible de fournir de chiffres plus précis, d’autres sources de TFA ne pouvant être exclues.

Du TFA a également été détecté dans les eaux souterraines :

TFA dans les eaux souterraines

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