Agroforesterie
Les arbres hors-forêts sont ceux qu’on observe fréquemment dans les villes et les campagnes. Généralement issus de plantation, ils offrent un large spectre de produits et de services écosystémiques à leurs propriétaires et à la société (bois, fruits, beauté du paysage, ombrage, refuges pour certains animaux, etc.).

On distingue deux grands espaces dans lesquels les arbres hors-forêts sont étudiés : les villes à travers la foresterie urbaine, et les zones agricoles à travers l’agroforesterie.
Cependant, ces arbres ne sont généralement pas assimilés aux forêts ou aux parcelles agricoles au sens formel. C’est pourquoi ils n’apparaissent pas dans les statistiques et planifications administratives. Leur attrait et leur importance sont croissants, en particulier en fonction des changements climatiques.
Les systèmes agroforestiers associent sur une même surface les arbres ou arbustes et les cultures agricoles (systèmes sylvoarables) et/ou les pâturages (systèmes sylvopastoraux).
Initialement, l’agroforesterie a normalement débuté suite aux défrichements voués à la production agricole. Elle a donc une très longue histoire en pratique. La recherche sur l’agroforesterie ne s’est pourtant développée que récemment, à la fin des années 70. En Suisse, les systèmes agroforestiers traditionnels comme les pâturages boisés du Jura, les châtaigneraies du Tessin ou les vergers à hautes tiges ont façonné le paysage rural en beaucoup d’endroits.
Au tournant du millénaire, des formes « modernes » d’exploitation agroforestière ont vu le jour. Ces nouveaux systèmes sont compatibles avec les exigences des techniques agricoles actuelles et donc relativement faciles à intégrer aux pratiques usuelles. En Suisse, les exploitations agroforestières représentent environ 9% de la surface agricole et une proportion marginale de la surface forestière. Ces valeurs correspondent aux moyennes européennes.
Arbres hors-forêts - intérêts de l’OFEV
Pour l’OFEV, le thème des arbres hors-forêts concerne divers domaines d’intérêt prioritaire comme l’infrastructure écologique ou l’atténuation des effets des changements climatiques. De plus en plus d’acteurs sont intéressés à la faculté des arbres à stocker du CO2. Les prestations que les arbres offrent méritent d’être reconnues et valorisées. Pour ce faire, les connaissances écologiques voire commerciales des forestiers sur les espèces locales sont importantes à valoriser dans ce contexte.
Ces sujets sont notamment liés aux objectifs 6 et 10 de la politique forestière 2021-2024, en relation avec la rémunération des prestations forestières et les activités de loisirs et de détente, par des mesures qui considèrent en particulier le rôle des arbres urbains. La ligne stratégique 12.3 sur les synergies et partenariats « Les partenariats intersectoriels sont renforcés et les synergies avec d’autres domaines politiques et économiques (aux niveaux national et international) sont développées » contient en outre des mesures qui peuvent parfaitement compléter celles liées aux arbres urbains et inclure l’ensemble des arbres hors-forêts (avec l’agroforesterie).
Une question ouverte aux sujet des arbres hors-forêts qui intéresse particulièrement les approches forestières réside notamment dans la manière d’analyser et promouvoir leur gestion durable. Comme ils ne forment pas une entité spatiale à eux-seuls, ils sont rattachés aux unités de gestion spatiales dans lesquelles ils se trouvent.
De nombreux acteurs
Le futur des arbres hors-forêts dépendra avant tout de la volonté des propriétaires fonciers et des gestionnaires (qui sont souvent les mêmes), ainsi que des politiques aptes à les promouvoir. Cependant, les décideurs et leurs administrateurs ont de nombreuses raisons de promouvoir les arbres hors-forêts et soutenir leur gestion durable. L’OFEV et l’OFAG collaborent sur le thème de l’agroforesterie et l’OFEV est actif depuis plusieurs années dans la foresterie urbaine avec diverses villes et réseaux d’acteurs (comme ArboCityNet). Du point de vue de la recherche, leur étude nécessite une approche pluridisciplinaire, en y intégrant les sciences sociales dès le départ.
Analyse juridique « Arbres hors forêt »
Les arbres situés hors forêt – que ce soit le long des routes, en ville ou sur des terres agricoles – revêtent une importance croissante. Leur statut juridique présente toutefois souvent des lacunes. Dans ce contexte, l’OFEV a commandé un avis juridique au professeur Thierry Largey, professeur à l’Université de Lausanne, titulaire d’un doctorat en droit et d’une licence en biologie.
Le présent rapport analyse la manière dont le droit européen – en particulier le règlement de l’UE sur la restauration de la nature (règlement NRR) – régit les arbres hors forêt dans les domaines de l’agroforesterie et de la foresterie urbaine. L’avis de droit met en évidence les mesures législatives concrètes déjà mises en œuvre par la France, l’Allemagne, l’Espagne et la Belgique/Wallonie.
Ce rapport s’adresse aux professionnels de la foresterie, de l’aménagement du territoire, de la politique en matière de biodiversité et de climat, ainsi qu’aux spécialistes du droit qui s’occupent de la promotion des arbres hors forêt. Il fournit des orientations précieuses aux autorités fédérales et cantonales qui souhaitent examiner ou élaborer des mesures législatives ou d’aménagement dans ce domaine.