Aller au contenu principal

Publié le 29 septembre 2026

Mesure 09 : Diversité génétique

La diversité génétique englobe les différences génétiques au sein d’une même espèce et entre ses populations ; elle permet aux espèces et à leurs populations de s’adapter à l’évolution des conditions environnementales. La mesure M9 fournit les connaissances, les outils et les bases nécessaires afin de mieux intégrer à l’avenir la diversité génétique dans les mesures de protection et de conservation de la biodiversité. Elle contribue ainsi à renforcer la capacité d’adaptation et de survie des espèces à long terme et renforce également la résilience des écosystèmes.

De quoi s’agit-il ?

La biodiversité comporte trois dimensions : la diversité des espèces et des milieux naturels ainsi que la diversité génétique au sein d’une même espèce. La diversité génétique constitue la matière première de l’évolution. Elle est donc essentielle à l’adaptation des espèces et de leurs populations à un environnement en mutation.

Elle détermine ainsi la capacité de populations à s’adapter à des modifications environnementales telles que les maladies, les pollutions ou les changements climatiques.

Lorsque la diversité génétique diminue, le risque augmente que les populations s’affaiblissent à long terme (p. ex. pour des raisons de consanguinité), voire disparaissent. Si les informations relatives aux plantes utiles et aux animaux de rente sont nombreuses, celles concernant la flore et la faune sauvages ainsi que les champignons sont très lacunaires. Aussi, la diversité génétique fait-elle souvent les frais d’une prise en considération marginale dans la protection de la nature. Une étude pilote pour un monitoring de la diversité génétique a permis d’identifier de premières lacunes et de proposer des solutions (État de la diversité génétique en Suisse).

La mesure M9 s’appuie sur cette étude et jette les bases scientifiques nécessaires afin d’intégrer de manière ciblée la diversité génétique dans les mesures de protection et de conservation de la biodiversité. Étroitement coordonnée avec la mesure M6, elle fournit de précieuses bases en vue d’améliorer la mise en réseau fonctionnelle en Suisse.

En quoi consiste la mise en œuvre ?

Élargir le socle des connaissances relatives à la diversité génétique

Des données génétiques sont relevées pour une sélection d’espèces animales et végétales, principalement dans les eaux et l’espace qui leur est réservé. Sur cette base, l’état des espèces étudiées est analysé à l’aide de cinq indicateurs. Ces derniers permettent de mieux comprendre l’état de santé génétique de ces populations et d’identifier les mesures qui s’imposent.

Étendre le monitoring

La mesure porte sur le développement de bases afin d’intégrer la diversité génétique dans le système de monitoring à long terme de la Suisse. Elle vise à détecter les changements à un stade précoce et à mieux évaluer l’évolution des populations.

Intégrer les connaissances génétiques dans la protection de la nature

Les enseignements tirés de ces travaux doivent à l’avenir être davantage pris en considération dans les mesures de protection et de conservation de la biodiversité. Ils permettent, par exemple, d’améliorer les mesures de mise en réseau, de développer certaines populations de manière ciblée, d’identifier et de conserver les hotspots de la diversité génétique ainsi que de mieux estimer les effets des changements climatiques.

Coordonner la conservation ex situ

Par ailleurs, il convient de poser les bases nécessaires à la conservation des ressources génétiques des espèces végétales prioritaires au niveau national en dehors de leur habitat naturel (ex situ). Le plan de conservation ex situ de la flore en Suisse est appliqué en améliorant la mise en réseau et la coordination des initiatives existantes (p. ex. les banques de semences et autres collections ex situ). Cette coordination permet d'avoir une vue d'ensemble commune des stocks existants, de combler de manière ciblée les lacunes en matière de conservation et de garantir que les ressources génétiques particulièrement précieuses soient préservées à long terme et restent disponibles pour la recherche, la sélection et une éventuelle réintroduction. Cela permet d'exploiter plus efficacement les activités existantes et de renforcer de manière ciblée la conservation de la diversité génétique de la flore suisse.

Objectifs à l’horizon 2030

  • Étendre le socle des connaissances relatives à la diversité génétique.
  • Prendre systématiquement en considération ces connaissances dans une sélection de mesures de protection et de conservation de la biodiversité.
  • Mettre en place les bases d’un monitoring national de la diversité génétique.
  • Mieux coordonner les mesures de conservation ex situ de la diversité génétique.
  • Soutenir la Confédération, les cantons et d’autres acteurs à l’aide de directives et de recommandations relatives à la mise en œuvre.

Utilité

La mesure renforce la résilience à long terme des espèces et de leurs populations. Elle contribue à identifier à un stade précoce les risques tels que la consanguinité, l’appauvrissement génétique ou la perte de la capacité d’adaptation.

De plus, elle permet de jeter des bases utiles pour d’autres mesures du PA SBS II, notamment dans les domaines de la mise en réseau (M6), de la conservation des espèces (M8) ainsi que de la biodiversité et des changements climatiques (M7).

État de la mise en œuvre

Les travaux s’appuient sur les résultats d’une étude pilote pour le monitoring de la diversité génétique. Actuellement, ils comprennent l’élaboration d’autres bases de données, l’examen d’éventuelles synergies avec les programmes de monitoring en cours et la préparation d’informations génétiques en vue de leur intégration dans les mesures de mise en réseau ainsi que de protection et de conservation de la biodiversité. Par ailleurs, la mise en œuvre du plan de conservation ex situ est approfondie.

Responsabilités

  • Sous l’égide de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV)
  • Accompagnement scientifique par des hautes écoles et des instituts de recherche, notamment l’eawag, l’EPF de Zurich et InfoFlora. La coordination entre les différentes mesures s'effectue via OneBioNet et relie les mesures M6, M7 et M9.
  • En collaboration avec InfoSpecies, RegioFlora et d’autres organisations spécialisées

Informations complémentaires