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Publié le 18 février 2026

Une utilisation durable est bonne pour les marais suisses

Les marais abritent de nombreuses espèces rares, fournissent des services importants pour la société et l’économie et jouent un rôle significatif dans la protection du climat. Toutefois, la qualité des biotopes marécageux protégés d’importance nationale est souvent insuffisante : les marais s’assèchent et les apports de nutriments sont globalement trop élevés. Un projet pilote soutenu par l’OFEV s’attèle à résoudre ces défis.

En plus de servir d’habitat pour des nombreuses espèces rares, les marais fournissent différents services écosystémiques : Ils purifient notamment l’eau et stockent de grandes quantités de carbone organique. Ils ont donc aussi une incidence sur le climat.

Dans le même temps, les hauts-marais et les bas-marais sont des écosystèmes extrêmement sensibles. Ils ont de nombreux échanges avec leur environnement par l’intermédiaire de leur système hydrologique. Tous les marais sont dépendants de la présence, dans leur bassin versant, d’une eau en quantité suffisante et pauvre en nutriments. Les ordonnances sur les hauts-marais et les bas-marais exigent pour cette raison la délimitation de zones-tampon suffisantes du point de vue écologique.

Marais

Services écosystémiques

Zones-tampon

Les zones-tampon sont des surfaces attenantes à un biotope, qui protègent ce dernier contre une mise en danger par les utilisations alentour et les contaminations qui y sont liées. Toute utilisation à l’intérieur d’une zone-tampon doit respecter les objectifs de protection du marais.

Le suivi des effets de la protection des biotopes en Suisse qui a été réalisé ces dernières années montre que l’apport de nutriments est trop élevé dans la plupart des biotopes marécageux étudiés et que les marais deviennent de plus en plus secs. Cet assèchement s’explique possiblement par le fait que les zones-tampon suffisantes du point de vue écologique ne sont pas mises en œuvre et respectées comme il se doit ou que les bassins versants manquent d’eau, car celle-ci est détournée vers des captages et donc soustraite au système d’irrigation naturel des marais.

Dans le cadre du projet « Espace Marais » (Maintien des ressources en eau dans le bassin versant des biotopes marécageux d’importance nationale), l’OFEV a développé des bases et des méthodes qui permettent de déterminer, à l’aide de modèles, la superficie nécessaire pour qu’un marais soit suffisamment approvisionné en eau.

Le projet pilote « Atténuation des changements climatiques : une utilisation durable est bonne pour les marais suisses » du Plan d’action Biodiversité intègre les connaissances acquises dans le cadre du projet « Espace Marais ». Il approfondit ces résultats afin d’en déduire, dans l’esprit d’une synthèse, des applications à vocation pratique pour une utilisation durable des surfaces situées autour des marais protégés.

Objectifs

Les objectifs généraux du projet pilote sont les suivants :

  • La possibilité de concilier la protection et l’utilisation des bassins versants hydrologiques des surfaces marécageuses d’importance nationale est démontrée.
  • Des méthodes de valorisation, de renaturation et d’utilisation sont définies et leur applicabilité est établie à l’aide d’exemples portant non seulement sur des marais et leurs services écosystémiques mais également sur l’interaction de la protection et de l’utilisation.
  • Ces méthodes sont mises en œuvre dans des marais de différentes régions, en collaboration avec plusieurs cantons et avec des représentants de l’agriculture.

Résultats

Le projet partiel 1 a permis de calculer des périmètres hydrologiques « indicatifs » pour tous les bas-marais et hauts-marais d’importance nationale, créant ainsi une base technique uniforme et exhaustive. Le périmètre hydrologique indicatif est une approximation établie à l’aide d’un système d’information géographique (SIG), qui fournit aux cantons une première estimation du périmètre hydrologique qui serait pertinent autour de chaque biotope marécageux d’importance nationale situé sur leur territoire.

Pour une sélection d’objets choisis à titre d’exemples dans toutes les régions biogéographiques du pays, l’équipe du projet partiel 2 s’est intéressée d’une part à la façon dont la superficie d’un périmètre hydrologique suffisant du point de vue écologique peut être déterminée avec précision à l’aide de bases techniques et de vérifications sur le terrain et, d’autre part, aux éléments qu’il faut prendre en compte pour y parvenir. Ces bases et ces outils ont été élaborés à l’intention des services cantonaux spécialisés en collaboration avec ces derniers, et ils sont désormais à leur disposition pour une utilisation ultérieure. Deux ateliers ont permis une discussion commune sur les défis et les solutions possibles et ont renforcé la collaboration intercantonale dans ce domaine.

Au moyen de visites de terrain, ateliers, entretiens individuels et enquêtes, l’équipe du projet partiel 3, en collaboration avec les personnes concernées (en particulier les exploitants) et avec d’autres acteurs (cantons, propriétaires fonciers, associations), a étudié de quelle façon mettre en oeuvre à l’échelle locale la conservation et la restauration de l’hydrologie dans les biotopes marécageux et leurs périmètres hydrologiques.

L’équipe du projet partiel 4 a mené des recherches bibliographiques afin d’étudier les possibles utilisations des surfaces hydromorphes situées à proximité de marais. Ces recherches ont permis de proposer une vue d’ensemble des différentes formes d’utilisation et d’élaborer des bases ainsi que des fiches techniques à vocation pratique (Fiches techniques No. 170 – 177). Ces fiches techniques peuvent servir de base d’information aux instances politiques et administratives ainsi qu’aux exploitants intéressés. Les calculs de rentabilité montrent que les exploitations qui veulent se convertir à ces cultures ont besoin de formes appropriées de soutien financier et que, le plus souvent, la chaîne de création de valeur en aval doit encore être développée.

Bien que le projet pilote fournisse des outils pour la délimitation de zones tampon suffisantes du point de vue écologique, la délimitation elle-même reste une compétence des cantons, conformément aux ordonnances sur les hauts-marais et les bas-marais.

Rapport final du projet global PA SBS projet pilote A2.1