TFA – Sources d’émission
L’acide trifluoroacétique/trifluoroacétate (TFA) pénètre dans l'environnement par différentes sources d’émission : sous forme gazeuse par l’utilisation de fluides frigorigènes et de gaz propulseurs employés dans les mousses et les aérosols, par l’utilisation de produits phytosanitaires et médicaments vétérinaires et par les sources industrielles et les installations d'épuration des eaux usées.

Fluides frigorigènes et gaz propulseurs
Le TFA se forme notamment dans l'atmosphère en tant que produit de dégradation des gaz fluorés anthropiques. Il s'agit en particulier des chlorofluorocarbures partiellement halogénés (HCFC), des fluorocarbures partiellement halogénés (HFC) et des fluoro-oléfines partiellement halogénées (HFO). Ces gaz sont émis dans l'atmosphère lors de leur utilisation et le TFA qui en résulte est déposé à la surface de la Terre et dans les eaux par les précipitations. En raison de sa composition chimique, le TFA fait partie des substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) : Les PFAS, qu’est-ce que c’est ?
Les gaz susmentionnés sont utilisés dans de nombreux domaines d'application. Ils sont notamment utilisés comme fluides frigorigènes dans les installations de réfrigération et les pompes à chaleur. D'autres domaines d'application comprennent, entre autres, leur utilisation comme solvants industriels pour le dégraissage et le nettoyage des métaux, ainsi que comme gaz propulseurs dans les mousses ou les aérosols.
Les HFO sont particulièrement importants pour la formation de TFA dans l'atmosphère. Leurs émissions sont en constante augmentation et ils constituent actuellement la source principale de TFA car ils sont utilisés comme substituts aux HFC nocifs pour le climat, par exemple dans les systèmes de climatisation des véhicules, les installations de réfrigération et les pompes à chaleur. En raison de leur durée de vie plus courte dans l'air (de l'ordre de quelques jours à quelques semaines), ils peuvent contribuer considérablement à la formation de TFA. Une partie peut également être dispersée sur de longues distances, selon les courants atmosphériques, au-delà des frontières nationales.
Produits phytosanitaires
Actuellement, plus d'une vingtaine de substances actives phytosanitaires sont autorisées. Elles contiennent au moins un groupe CF3 dans leur structure moléculaire et peuvent donc se dégrader en TFA. Il s'agit principalement d'herbicides, de fongicides ainsi que de certains insecticides. Ils sont utilisés dans les cultures arables et maraîchères, dans les cultures fruitières et viticoles ainsi que pour les plantes ornementales et, dans certains cas, dans les pépinières forestières. En 2022, plus de 40 tonnes de ces substances actives phytosanitaires ont été utilisées au total. Avec jusqu'à 10 tonnes par an, le Flufenacet et le Fluazinam ont été les substances les plus utilisées en Suisse. Le Flufenacet était autorisé jusqu'en mai 2025 comme herbicide, notamment dans la culture du maïs, des céréales et des pommes de terre, et peut encore être utilisé jusqu'au 1er janvier 2027. Le Fluazinam est utilisé dans la culture des pommes de terre et est également autorisé dans la viticulture et pour diverses plantes ornementales.
Sources industrielles et installations d'épuration des eaux usées
Le TFA est également utilisé dans l'industrie chimique, notamment comme solvant dans la fabrication des matières premières médicales et cosmétiques. Il est alors rejeté avec les eaux usées dans les stations d'épuration. Celles-ci ne peuvent pas éliminer le TFA, qui se retrouve donc dans les eaux de surface.
Contribution des différentes sources d’émission au TFA présent dans les sols et les eaux
Une étude récente a déterminé les concentrations de TFA dans les précipitations (TFA dans les précipitations) et dans les cours d’eau et les lacs (TFA dans les cours d’eau et les lacs) en Suisse et a évalué les contributions des différentes sources d'émission.
TFA dans les cours d’eau et les lacs
Les concentrations de TFA mesurées dans les précipitations entre 2021 et 2023 se situaient entre 0.30 et 0.96 μg L−1, ce qui représente une augmentation d'au moins un facteur 4 au cours des trois dernières décennies. Cela correspond à un taux de dépôt moyen de TFA de 0.59 kg km−2 an−1 et à un apport total, provenant de sources atmosphériques, de 24.5 tonnes par an en Suisse. En comparaison, les apports de TFA provenant des produits phytosanitaires sont estimés entre 2.9 et 11.8 tonnes par an et ceux provenant des médicaments vétérinaires à environ 1 tonne par an.
En ce qui concerne la pollution des terres agricoles et des nappes phréatiques sous-jacentes (TFA dans les eaux souterraines), les apports de TFA provenant des produits phytosanitaires, avec une moyenne de 1.7 kg km−2 an−1, sont nettement supérieurs à ceux provenant des précipitations (0.59 kg km−2 an−1).
TFA dans les eaux souterraines
L'apport provenant de sources industrielles fait actuellement l'objet d'études.