Cap sur la diversité: bienvenue en forêt!

19.05.2020 – Les forêts font partie des habitats les plus diversifiés de Suisse. Elles hébergent plus de 20 000 espèces animales, d’innombrables plantes et champignons, des lichens et des mousses. Tel est le thème de sensibilisation de la nouvelle campagne «Diversité de la forêt». Rejoignez-nous pour une promenade et découvrez la diversité de la forêt.

Sauerklee auf einer Waldlichtung im Frühling
Oseille des bois dans une clairière au printemps, Parc Sihlwald Wilderness à Zurich.
© Switzerland-Tourism | BAFU

On les voit de loin et ils impressionnent : d’immenses résineux et des feuillus dont les couronnes s’élancent vers le ciel. Quiconque tend l’oreille peut déjà entendre partout des bruissements, des gazouillements d’oiseaux et des bourdonnements. Les lisières des forêts abritent de nombreux animaux et plantes. Ils peuvent y profiter des rayons du soleil pour se réchauffer et se réfugier rapidement en cas de danger. Idéalement, la limite entre la forêt et le milieu ouvert doit être aussi structurée que possible.


Les multiples visages de la forêt

En pénétrant dans la forêt nous sommes surpris par l’air humide et une fraîcheur agréable. Certains arbres sont vêtus d’une parure d’aiguilles vert sombre, d’autres recouverts d’un feuillage vert tendre. On recense 50 essences d’arbres en Suisse. Les épicéas, les hêtres, les sapins blancs, les érables et les chênes sont ceux qui sont le plus fréquents. L’altitude, les propriétés du sol et le climat sont des facteurs naturels qui déterminent l’endroit où une essence poussera. Les arbres, les arbustes et les plantes herbacées forment ce que l’on appelle des associations forestières. On en dénombre 120 environ en Suisse. Elles sont par exemple dénommées «hêtraie à aspérule», leur nom découle des plantes qui les caractérisent.

Les lisières de forêt
Les lisières forestières structurées sont importantes pour la biodiversité. Les plantes herbacées, les arbustes et les arbres d’âge différent constituent des lisières de forêt diversifiées qui abritent un grand nombre d’animaux et de végétaux en tout genre. (Source: ZHAW, 2017 et Fuhrer et al. eingereicht)
© OFEV

La diversité des espèces tributaire des vieux arbres et du bois mort

En nous enfonçant dans les profondeurs de la forêt, nous découvrons une zone ouverte dont la luminosité nous éblouit. Les arbres de cette parcelle de forêt autrefois dense ont été exploités. Seules leurs souches sont encore là. De nouvelles plantes herbacées et des jeunes arbres poussent déjà juste à côté. Le soleil leur est bénéfique. De nombreux habitants de la forêt en appréciant le soleil tels que les papillons sont particulièrement friands de ce genre d’ouverture. Un arbre abattu a été laissé au beau milieu de cette zone. Son bois a changé de couleur, il se décompose lentement. Des insectes s’y retrouvent tout autour.

Le bois mort les attire comme par magie. Ils y déposent leurs œufs. Les larves qui éclosent peuvent vivre pendant de nombreuses années dans le bois et en font leur festin quotidien. Elles se transforment ensuite en adulte et changent d’habitat. Ce processus indispensable à l’équilibre de la forêt n’est possible que si du bois mort est préservé assez longtemps. Le bois restant se transformera finalement en humus et servira de nourriture aux nouvelles plantes.

Un lys martagon se forme entre du bois mort dans la réserve forestière "Les Places" du WWF.
© BAFU | OFEV | UFAM

Un bruit retentit dans la forêt : Toc, toc, toc. De quel animal s’agit-il? Nous le cherchons du regard. Sur un vieux chêne un pic noir, perché loin du sol, a creusé une cavité dans le tronc et continue de taper allègrement du bec. C’est comme cela qu’il trouve sa nourriture. Il y installe aussi son nid pour s’occuper de ses petits. Ces cavités creusées dans des troncs d’arbres sont très appréciées par de nombreux occupants différents. Elles ne sont jamais abandonnées pendant très longtemps. Dès qu’une famille de pics noirs déserte ses appartements, d’autres animaux les réutilisent pour y nidifier. Ainsi par exemple, les chauves-souris forestières en profitent pour s’y reposer le jour avant de partir à la chasse aux insectes au crépuscule.

Champignons et arbres: une interdépendance fascinante

En continuant notre chemin nous découvrons une amanite tue-mouches. Elle pousse au pied d’un bouleau dont l’écorce est bien connue pour sa couleur blanche. Le chapeau rouge de l’amanite est recouvert de verrues blanches. C’est une mise en garde qu’il ne faut pas prendre à la légère: les amanites tue-mouches peuvent provoquer de sévères intoxications. Le bouleau, lui, tire profit de la proximité avec ce champignon car tous les deux vivent en symbiose étroite sous terre. L’amanite tue-mouches lui fournit des minéraux et le protège d’agents pathogènes. En contrepartie, le bouleau l’approvisionne en éléments nutritifs générés par la photosynthèse. Lors de la photosynthèse, les végétaux véritables centrales solaires naturelles, transforment le dioxyde de carbone (CO2), molécule présente dans l’air et nuisible au climat, en oxygène (O2) et en sucres (hydrates de carbone).


Un proche parent des champignons est présent sur le tronc des arbres: les lichens. Il faut savoir qu’une forte présence de lichens est un indicateur d’une bonne qualité de l’air. De nombreux micro-organismes trouvent refuge en dessous des lichens lorsqu’ils sont pourchassés par des prédateurs. Le lichen est en outre l’un des plats au menu d’autres animaux comme les larves de papillons alors que les oiseaux s’en servent volontiers pour construire leur nid douillet.

La décomposition du bois mort s’étend sur plusieurs années. Selon la phase de dégradation, différents insectes, champignons et autres organismes jouent un rôle dans ce processus, depuis les insectes dits pionniers jusqu’aux microorganismes issus du sol qui pénètrent dans le bois à l’état de putréfaction déjà avancé. (Source: DACHCOM)

Au cours de notre promenade, nous découvrons une imposante fourmilière. Les fourmis rousses des bois vivent en grandes colonies dont la population s’étend jusqu’à un million d’individus. Ces insectes jouent un rôle important dans l’écosystème de la forêt: ils améliorent la qualité du sol, disséminent les graines des plantes et protègent des parasites. La fourmi rousse des bois est l’un des premiers insectes à avoir été strictement protégé.

Les forêts diversifiées sont également importantes pour les humains

À présent, nous rebroussons chemin en direction de la lisière. Nous repartons la tête pleine d’impressions laissées par la forêt et ses habitants. Nous avons découvert à quel point les différents animaux, plantes et champignons vivent en interdépendance. Ces interactions entre les êtres vivants et les conditions naturelles telles que la nature du sol sont essentielles à la diversité forestière. Chaque animal, chaque plante et chaque champignon parvient ainsi à trouver sa place dans la forêt.

De plus, les forêts diversifiées sont bénéfiques pour nous, les hommes. Elles nous rendent de grands services et sont en mesure de s’adapter pour faire mieux face aux répercussions du changement climatique. Les forêts nous sont indispensables: elles nous approvisionnent en matériau renouvelable tels que du bois de construction et du bois-énergie. Elles nettoient notre eau potable et produisent de l’oxygène. Elles nous protègent des dangers naturels comme les avalanches. Elles créent des emplois, et ce même dans des régions reculées. Enfin, c’est l’endroit idéal pour se relaxer, ou pour fuir les trop fortes chaleurs en été.

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Dernière modification 19.05.2020

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