Atteintes physiques, chimiques et biologiques portées aux sols

Les atteintes portées aux sols peuvent être d’origine physique, chimique ou biologique.

© Section Sols, OFEV

Il existe de nombreuses interactions entre ces trois types d'atteintes. Par exemple, la compaction des sols favorise l'écoulement de l'eau en surface, et donc l'érosion. De même, les polluants peuvent nuire aux organismes responsables de la formation et de l'ameublissement des sols et encourager de ce fait l'érosion et la compaction.

Atteintes physiques

Les principales atteintes physiques (ou mécaniques) sont la compaction et l'érosion.

Les sols sont compactés lorsque leurs pores sont compressés, ce qui se produit lorsqu'ils sont travaillés avec des machines et des véhicules lourds ou au passage de ce type d'engins, particulièrement lorsqu'ils sont très humides. Une fois le sol compacté, l'eau ne s'y infiltre plus et l'air peine à y circuler, ce qui entrave les processus de décomposition et le développement des racines. En Suisse, c'est dans les régions de grandes cultures et de production herbagère intensive que le risque de compaction est le plus élevé.

Lorsqu'il y a érosion du sol, des particules de terre fertile sont emportées par l'eau. Une exploitation excessive et inadaptée aux conditions locales est la cause principale de l’érosion en Suisse. Elle touche particulièrement les zones à forte déclivité, les terres assolées ainsi que les surfaces de production maraîchère intensive. Outre la dégradation des sols, l’érosion engendre également des pertes économiques pour les agriculteurs. Toutefois, il ne s'agit pas là uniquement d'un problème de protection des sols. Les matériaux entraînés, riches en nutriments et en polluants, portent également atteinte aux eaux ou aux biotopes de grande valeur. Enfin, les épisodes érosifs menacent les canalisations et les infrastructures de transport, qui sont recouvertes et bouchées par de la boue et des pierres.

Atteintes chimiques

La pollution de l'air, les dépôts de poussières par les eaux de pluie, l'utilisation de produits phytosanitaires, d'engrais minéraux, de fumier ou de lisier, la valorisation et l'élimination illégale des déchets, etc. font que des quantités considérables de polluants atteignent la surface du sol et finissent par y pénétrer. Les conséquences sont souvent mal connues. Certaines de ces substances s'accumulent dans le sol, alors que d'autres passent dans l'eau, dans l'air ou dans la chaîne alimentaire par l'intermédiaire des plantes. Une fois dans le sol, elles peuvent perturber les organismes qui y vivent et compromettre sa fertilité. L'homme contamine le sol - et, indirectement, l'eau potable et les denrées alimentaires – avec des produits nocifs et il s'intoxique ainsi lui-même. Il peut aussi mettre sa santé en péril en ingérant directement de la terre.

Les pollutions du sol posant problème sont généralement liées à des utilisations spéciales ou peu diversifiées (viticulture, p. ex.), à proximité de sources de pollution importantes (trafic routier, usines métallurgiques), à la réutilisation non contrôlée de matériaux terreux pollués ou à la présence de sites contaminés. Il peut cependant arriver que certaines teneurs plus élevées en polluants soient d'origine naturelle (nature de la roche mère).

Atteintes biologiques

Les atteintes biologiques sont liées à des organismes génétiquement modifiés, pathogènes, exotiques ou envahissants. Si ce type de pollution ne représente actuellement pas une menace grave, il n'en est pas moins une menace réelle. Avec la mondialisation, les marchandises circulent toujours plus vite autour du globe, convoyant parfois des «passagers clandestins» pouvant nuire à la fertilité des sols. Des organismes susceptibles de perturber l'écosystème peuvent également parvenir dans le sol lors de disséminations expérimentales.

Consommation de surfaces

Un sol excavé ou imperméable n'est plus capable d'assurer ses fonctions dans le cycle naturel. Or, chaque jour, ce sont onze hectares de terres agricoles qui disparaissent. En raison de l’augmentation de la population, il faut s'attendre à une pression persistante sur les sols des agglomérations et des surfaces avoisinantes, qui continueront d’être bâtis et imperméabilisés. C'est pourquoi une utilisation équilibrée et mesurée de cette ressource constitue un aspect essentiel de la protection des sols. L'aménagement du territoire et ses instruments sont sollicités à cet égard.

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Dernière modification 21.08.2018

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