Effets du rayonnement de basse fréquence sur la santé

On distingue deux types d'effets des champs électriques et magnétiques de basse fréquence sur l'homme: les effets d'excitation et ce que l'on appelle les effets infraliminaires.


1. Distinction entre les effets d'excitation et les effets infraliminaires

Les effets d'excitation correspondent au déclenchement involontaire d'impulsions nerveuses ou de contractions musculaires par des flux électriques générés dans le corps par des champs électriques ou magnétiques plus importants que ceux généralement présents dans l'environnement.

Les effets infraliminaires comprennent notamment des troubles du comportement, de la capacité d'apprentissage, du système hormonal ou du métabolisme cellulaire; ils ont été mis en évidence lors d'expériences effectuées sur des cultures de cellules, sur l'animal ou sur l'homme. On ne connaît pas encore très bien les implications de ces effets pour la santé de l'homme; les recherches doivent donc être poursuivies.

On pense également qu'il existe une relation entre les champs magnétiques de faible intensité et le cancer. En 2001, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classé les champs magnétiques à basse fréquence comme "peut-être cancérogènes pour l'homme".


2. Perception indirecte des champs électriques et magnétiques

Contrairement à certains animaux comme les poissons ou les oiseaux migrateurs, l'homme ne possède pas d'organe capable de déceler les champs électriques ou magnétiques. Nous pouvons tout au plus percevoir de tels champs de manière indirecte.

Certaines personnes sentent, par exemple, un chatouillement sur la tête lorsqu'elles passent sous une ligne à haute tension. Le champ électrique alternatif de la ligne fait vibrer les cheveux, ce qui peut être ressenti comme un chatouillement ou un picotement.

Un champ magnétique alternatif d'intensité élevée peut aussi être perçu de manière indirecte. Il peut déclencher une illusion sensorielle sur la rétine, qui provoque une sorte d'éclair lumineux dans l'œil que l'on appelle phosphène. Même s'ils sont incommodants, ces effets ne présentent aucun danger pour notre santé.


3. Effets d'excitation: effets sur la conduction nerveuse et cellulaire

Il a été prouvé que des champs électriques et magnétiques d'intensité encore plus élevée - d'une intensité qui ne se présente généralement pas dans l'environnement - sont dangereux pour l'homme. Ils génèrent des courants électriques dans le corps humain, qui déclenchent des impulsions dans les cellules nerveuses et peuvent entraîner une contraction musculaire involontaire. Le risque est particulièrement grand en cas de contraction du muscle cardiaque; c'est ce que l'on appelle la fibrillation ventriculaire, et elle peut être fatale.

Ces effets sur les cellules nerveuses et musculaires sont appelés effets d'excitation. Ils ont été clairement démontrés du point de vue scientifique et servent de base pour fixer des valeurs limites au plan international. En Suisse, il s’agit des valeurs limites d’immissions de l’Ordonnance sur la protection contre le rayonnement non ionisant (ORNI). Les effets ne se manifestent pas lorsque ces valeurs limites sont respectées.


4. Effets infraliminaires: troubles du comportement, de la capacité d'apprentissage, du système hormonal et du métabolisme cellulaire

Plusieurs études démontrent toutefois l'existence d'effets biologiques induits par des champs à basse fréquence dont l'intensité est nettement inférieure aux valeurs limites internationales: on parle alors d'effets infraliminaires.

Des expériences réalisées sur l'animal ont constaté des changements de performance lors de tests de mémoire spatiale ainsi qu’un niveau accru d’anxiété et de stress. De plus de grandes études sur des rats ont montré qu’il se développait plus de tumeurs malignes lorsque les rats étaient exposés à un champ magnétique en plus d’un faible rayonnement radioactif ou de formaldehyde dans l’eau de boisson. L’effet s’accroissait avec l’augmentation de l’intensité.

Autre impact observé des champs magnétiques de basse fréquence d’une intensité de l’ordre de grandeur de la valeur limite d’immission: des effets génotoxiques ainsi que des modifications de la croissance et du métabolisme cellulaire.

Il existe donc incontestablement des effets infraliminaires, mais on ne sait pas comment ils sont induits. On ne sait pas non plus, en l'état actuel des connaissances, si, et dans quelles conditions, ils présentent un risque pour la santé.


5. Risque accru de leucémie chez les enfants ?

Les études épidémiologiques, qui analysent la prévalence de certaines maladies dans des groupes de population choisis, constituent un moyen de mieux connaître les effets du rayonnement non ionisant sur la santé. Depuis 1979, des études de ce type sont menées dans différents pays afin de déterminer si les champs magnétiques de basse fréquence ont une incidence sur la formation ou le développement des cancers.

On constate régulièrement qu’à partir d'une exposition à un champ magnétique moyen de 0,4 µT, le risque de leucémie infantile (cancer du sang) pourrait être deux fois plus élevé. Raison pour laquelle le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classé, en 2001, les champs magnétiques de basse fréquence comme « peut-être cancérogènes pour l'homme ». Le CIRC estime en effet que, même si cela n'est pas probable ou prouvé, il est possible que des champs magnétiques de faible intensité représentent un risque de leucémie.

Que signifierait un risque de leucémie infantile deux fois plus élevé?

Chaque année dans notre pays, 60 enfants développent une leucémie. Des études en Suisse et en Allemagne ont trouvé qu’environ 2 % de la population seulement étaient exposés à des niveaux de plus de 0,4 µT. Un risque deux fois plus élevé pour une telle exposition expliquerait ainsi environ un nouveau cas par année; les 59 autres seraient imputables à des causes différentes.

Même si les champs magnétiques devaient effectivement augmenter le risque de leucémie infantile, ce qui n’est pas encore prouvé, cela ne représenterait pas un problème sanitaire de grande envergure. Ce qui ne veut pas dire qu’un cas de cancer n’est pas un événement tragique qu’il faut éviter à tout prix. Raison pour laquelle l’Ordonnance sur la protection contre le rayonnement non ionisant (ORNI) demande des mesures préventives des émissions dans les environs de lignes à haute tension et de stations de transformation. Pour les nouvelles installations l’ORNI définit une valeur limite de l’installation, qui est de 1 µT pour le courant permanent maximal admissible et qui doit être respectée dans les lieux à utilisation sensible (par exemple les appartements, les écoles, les hôpitaux, les bureaux, les places de jeux et autres).

La comparaison avec la valeur limite de l’installation

Alors que pour le seuil de suspicion de 0,4 µT trouvé dans les études épidémiologiques il s’agit d’une valeur moyenne, la valeur limite de l’installation doit être respectée dans le mode d’exploitation déterminant. C’est-à-dire qu’elle doit être respecté lorsque les lignes à haute tension et les stations de transformation fonctionnent à pleine capacité. Le flux électrique dans une ligne à haute tension ou une station de transformation varie cependant très fortement. Le champs magnétique moyen est en conséquent nettement en dessous de celui de l’installation fonctionnant à pleine capacité.

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Dernière modification 13.07.2018

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